À quelques jours de la rentrée, l’attention se porte souvent sur les effectifs, les salles de classe ou les enseignants. Pourtant, l’égalité scolaire se joue aussi à une échelle beaucoup plus concrète : disposer, dès le premier jour, des outils nécessaires pour apprendre. À Notsè, l’équipement de 500 élèves de l’EPP FIDA remet cette réalité au centre du débat.
Mardi 1er septembre, cinq cents élèves de l’établissement ont reçu des kits scolaires comprenant notamment sacs, cahiers, ardoises, couvertures, instruments de géométrie et fournitures d’écriture. L’opération a été portée par l’association Aide aux enfants démunis (ASAED), avec un financement de N’danikada Abalo Claude, natif de Notsè.
L’objectif affiché est de soutenir des élèves en situation de vulnérabilité au moment de la rentrée, tout en encourageant la scolarisation des filles et la réussite scolaire.
Des fournitures modestes, mais décisives au quotidien
Un cahier ou une ardoise pèse peu dans les grands débats sur l’éducation. Pourtant, à l’échelle de l’élève, l’absence de matériel peut rapidement devenir une difficulté supplémentaire dans les apprentissages.
C’est là que se situe l’intérêt réel de ce type d’initiative. Il ne s’agit pas de présenter les fournitures comme une solution suffisante aux inégalités scolaires, mais comme l’un des éléments qui peuvent conditionner la manière dont un enfant entre dans l’année.
Pour certains ménages, les dépenses liées à la rentrée viennent s’ajouter à d’autres contraintes économiques. Réduire cette pression peut donc contribuer à rapprocher les élèves de conditions d’apprentissage plus homogènes, sans effacer pour autant les autres facteurs d’inégalité.
Passer du don ponctuel à l’accompagnement de l’école
L’action menée à l’EPP FIDA ne semble d’ailleurs pas se limiter à une remise de fournitures. Selon le Comité de gestion de l’établissement, l’ASAED intervient aussi dans l’amélioration des salles de classe, la fourniture de matériels, la sensibilisation à la scolarisation des filles et l’accompagnement du personnel enseignant.
Cette continuité donne une autre portée au dispositif. L’aide scolaire devient plus pertinente lorsqu’elle ne se limite pas à équiper ponctuellement l’élève, mais cherche aussi à améliorer son environnement d’apprentissage.
Le défi reste toutefois le même : faire en sorte que ces appuis complètent durablement l’action publique sans créer une école à plusieurs vitesses selon les capacités de soutien disponibles d’un établissement à l’autre.
À Notsè, les 500 kits distribués constituent donc moins une fin qu’un rappel : l’égalité scolaire ne se mesure pas seulement au fait d’être inscrit à l’école, mais aussi aux conditions concrètes dans lesquelles chaque élève peut apprendre.
La Rédaction

