Le pont du fleuve Haho ne se contente plus de vieillir : sa dégradation en fait désormais un frein majeur à la mobilité rurale dans le sud du Togo. Dans un état avancé de détérioration, il expose quotidiennement les usagers à des risques sérieux et pèse lourdement sur l’activité économique des populations riveraines, essentiellement tournées vers l’agriculture.
D’après les habitants, cet ouvrage remonte à l’époque coloniale allemande et repose sur une structure mêlant fer et bois. Avec les années, les intempéries et l’absence d’entretien, les planches se sont affaiblies, laissant apparaître des zones instables et parfois béantes. Aujourd’hui, franchir le fleuve Haho n’est plus un geste banal, mais une manœuvre qui exige une prudence extrême.

« Nous allons nous-mêmes chercher des bois de teck pour les poser sur les fers et les fixer. Mais quand vous roulez sur ce pont, c’est à vos risques et périls », confient des riverains. Ces réparations de fortune témoignent à la fois de la détresse des usagers et de l’abandon progressif de l’ouvrage par les circuits classiques de maintenance.
Au-delà du danger immédiat, l’enjeu est surtout économique et stratégique. Le pont du Haho constitue un lien naturel entre les préfectures de Yoto et de Zio. Sa remise en état permettrait d’ouvrir un véritable corridor pour la circulation des produits agricoles, l’accès aux marchés et la réduction des coûts de transport pour les commerçants et les producteurs.
Faute d’une infrastructure fiable, les transporteurs sont contraints d’allonger leurs itinéraires. Normalement, la distance entre Zafi et Agbélouvé est d’environ 25 kilomètres. Mais à cause de l’état du pont et de certains tronçons routiers, ils passent par Ahépé puis Tsévié, totalisant plus de 60 kilomètres. Une différence qui se traduit par une hausse du carburant, des délais et, in fine, des prix supportés par les populations.
« Si notre pont était praticable, les gros porteurs venant du nord pourraient passer par Tabligbo, Ahépé, Zafi et Agbélouvé sans détour inutile », expliquent les habitants. Selon eux, tant que cet ouvrage restera défaillant, toute autre intervention sur l’axe Ahépé–Agbélouvé aura un impact limité.

La réhabilitation ou la reconstruction du pont sur le fleuve Haho ne relèverait donc pas d’une simple opération technique. Il s’agirait d’un investissement structurant pour l’économie rurale. Elle renforcerait la sécurité des populations, désenclaverait plusieurs localités à vocation agricole, stimulerait les échanges intercommunautaires et contribuerait à une meilleure intégration territoriale.
Pour les riverains, l’attente devient pesante. Chaque jour sans solution accroît les risques d’accident et fragilise un peu plus les activités locales. Plus qu’un simple passage, le pont du Haho est un levier de développement. Sa réhabilitation apparaît aujourd’hui comme une nécessité pour accompagner durablement la dynamique économique entre Yoto et Zio.
La Rédaction
Source : Article inspiré d’un reportage publié par agridigitale.tg.

