L’avancée inexorable de la mer, qui grignote depuis des décennies les côtes togolaises, semble enfin marquer un temps d’arrêt. Grâce à une politique soutenue de protection du littoral, le Togo a réussi à sécuriser 60 % de sa façade maritime, contre seulement 44 % il y a cinq ans.
Ce progrès remarquable résulte de la construction de 18 kilomètres d’ouvrages de défense côtière, combinant digues, épis et enrochements, conçus pour briser la force des vagues et stabiliser les plages fragilisées. Ces infrastructures, au-delà de leur rôle protecteur, redessinent le paysage côtier et redonnent vie aux zones autrefois menacées.
L’objectif reste clair : préserver les terres agricoles, les routes et les habitations qui bordent la côte, tout en restaurant un équilibre écologique mis à mal par l’érosion. Les effets positifs se font déjà sentir : la biodiversité marine retrouve un espace plus stable, le tourisme balnéaire reprend vigueur, et les zones portuaires bénéficient d’un aménagement mieux maîtrisé.
Cette transformation s’inscrit dans le cadre du Projet d’investissement de résilience des zones côtières en Afrique de l’Ouest (WACA ResIP), soutenu par la Banque mondiale et mis en œuvre de manière concertée par plusieurs États riverains du golfe de Guinée. L’initiative vise à renforcer la résilience des communautés côtières face aux effets du changement climatique, en conjuguant ingénierie, écologie et gouvernance territoriale.
Pour le Togo, ces 18 kilomètres de côtes sécurisées marquent bien plus qu’une prouesse technique : ils symbolisent la reconquête d’un territoire vital, où la mer, désormais contenue, redevient un atout plutôt qu’une menace.
La Rédaction

