À Bruxelles, la capitale européenne, une bataille décisive oppose aujourd’hui d’un côté les multinationales avides de profits, de l’autre une coalition de défenseurs des droits humains et de l’environnement. Au cœur de cette lutte se trouve la directive européenne sur le devoir de vigilance des entreprises en matière de durabilité, adoptée en 2024, qui pourrait changer la donne pour la responsabilité des grandes sociétés.
Cette directive impose aux grandes entreprises opérant dans l’Union européenne d’identifier et de prévenir les atteintes aux droits humains et à l’environnement, y compris dans leurs chaînes d’approvisionnement. Elle exige aussi un plan de transition pour limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C, conformément à l’Accord de Paris.
Mais cette loi phare est aujourd’hui menacée par un lobbying intense des secteurs industriels, notamment des géants européens et américains des énergies fossiles. La Chambre de commerce américaine auprès de l’UE et des entreprises comme ExxonMobil multiplient les pressions pour affaiblir les mesures les plus contraignantes, rendant plus difficile la tenue des entreprises responsables en justice.
Le directeur général d’ExxonMobil a même demandé à l’administration américaine d’inclure cette question dans les négociations commerciales avec l’Union européenne. Depuis début 2025, ExxonMobil a rencontré à plusieurs reprises des hauts responsables européens pour faire valoir ses intérêts.
Le sort de la directive se joue désormais au Parlement européen. Les parlementaires devront décider s’ils cèdent aux puissants lobbies ou s’ils défendent une loi ambitieuse qui impose aux entreprises de prendre des mesures concrètes contre le changement climatique et les violations des droits humains.
Ce choix déterminera non seulement la crédibilité de l’Union européenne dans la lutte pour un avenir durable, mais aussi la possibilité de faire respecter la justice climatique à l’échelle mondiale.
La Rédaction

