À l’approche des mobilisations nationales prévues du 26 au 28 juin 2025, le gouvernement togolais hausse le ton face aux incitations à la violence qui circulent sur les réseaux sociaux. Une mise en garde ciblant notamment des influenceurs basés à l’étranger, accusés de manipuler la jeunesse togolaise depuis l’extérieur du pays.
Vigilance renforcée contre la radicalisation numérique
Malgré la mobilisation du 6 juin 2025, lancée principalement par des influenceurs et activistes en ligne et qui n’a pas reçu le soutien des partis politiques, les autorités restent mobilisées. Le ministère de la Sécurité et de la Protection civile a annoncé le renforcement de la surveillance numérique ainsi que la présence accrue des forces de l’ordre dans les zones sensibles. L’objectif est d’éviter que les plateformes telles que TikTok, Facebook ou YouTube deviennent des vecteurs d’appels à la haine ou à la confrontation.
Le communiqué officiel du gouvernement pointe du doigt des « individus basés à l’étranger » qui exploitent la colère de la jeunesse togolaise pour encourager des actions violentes. Ces messages à distance, souvent radicaux, pourraient provoquer des troubles locaux. Le gouvernement rappelle que toute incitation à la violence, qu’elle émane du territoire national ou de l’extérieur, sera sanctionnée pénalement.
Mobilisations nationales : entre contestation pacifique et tension
Les manifestations annoncées à Lomé, sous l’impulsion désormais claire de partis politiques structurés comme la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK) et le Front de Libération Nationale (FLN), ne visent pas à contester les résultats électoraux, mais à réclamer la fin du régime et des réformes politiques profondes. Ces forces politiques appellent à une « désobéissance civique pacifique, massive et historique », exhortant la population à s’unir pour un Togo fondé sur la justice, la souveraineté populaire et l’État de droit.
Dans le nord, à Dapaong, les manifestations s’inscrivent dans un contexte de mécontentement populaire marqué par des précédents rassemblements parfois violents. Plusieurs organisations d’opposition, dont la DMK, le FLN, l’Urgence Républicaine (UR), la Conférence de la Diaspora Togolaise (CDT) et le Réseau Citoyen 150 (RC 150), s’unissent pour pousser vers des changements politiques significatifs.
Appel à la responsabilité citoyenne
Le gouvernement réaffirme le droit à la liberté d’expression et à la mobilisation pacifique, mais en appelle à la vigilance et au discernement des jeunes face aux contenus en ligne. Il exhorte la jeunesse à ne pas se laisser manipuler par des acteurs étrangers qui appellent à l’escalade sans assumer de risques sur le terrain.
La période est donc marquée par un équilibre fragile entre revendications légitimes et une surveillance accrue des discours numériques jugés subversifs. Le défi reste pour la jeunesse togolaise : privilégier l’expression pacifique tout en évitant les dérives.
La Rédaction

