Le Togo multiplie les initiatives de restauration de ses forêts et de ses terres dégradées. Pourtant, une question demeure : quelle superficie a réellement été restaurée et où se trouvent les résultats de ces interventions ? Face à la dispersion des données, le pays, avec l’appui de la FAO, prépare un système national de suivi destiné à mieux évaluer ses engagements environnementaux à l’horizon 2030.
Planter des arbres constitue une étape importante dans la lutte contre la dégradation des terres. Mais pour mesurer l’efficacité d’une politique de restauration, encore faut-il savoir ce que deviennent les plantations, quelles zones ont été réhabilitées et quelles interventions produisent des résultats durables.
Au Togo, collectivités territoriales, associations, ONG, services de l’État et partenaires au développement participent à cet effort. Leurs réalisations sont cependant enregistrées dans des bases de données distinctes, avec des méthodes de collecte et des indicateurs parfois différents. Cette fragmentation rend difficile l’établissement d’un bilan national précis.
Des ambitions importantes, des résultats à documenter
Dans le cadre de l’initiative africaine AFR100, le Togo s’est engagé à restaurer 1,4 million d’hectares de terres dégradées d’ici 2030. Le pays poursuit également l’objectif de porter sa couverture forestière à 25 % à cette échéance.
Ces ambitions supposent un suivi rigoureux. Car le nombre d’arbres mis en terre ne suffit pas à établir qu’une superficie a été durablement restaurée. La survie des plants, l’évolution de la végétation et l’amélioration des sols constituent également des éléments essentiels pour apprécier les progrès accomplis.
L’enjeu est donc de passer d’une accumulation de bilans d’activités à une évaluation plus précise des résultats environnementaux.
Une plateforme pour savoir ce qui a été fait, où et par qui
C’est dans cette perspective que des acteurs institutionnels et techniques se sont réunis récemment à Atakpamé, avec l’appui de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
Les échanges ont porté sur la possibilité de mettre en place ou d’adopter une plateforme nationale regroupant les informations relatives aux opérations de restauration. L’objectif est d’harmoniser les indicateurs, de faciliter le partage des données et de disposer d’une cartographie des interventions.
Le géoréférencement occupe une place centrale dans cette démarche. Il permettrait de localiser les sites restaurés, d’identifier les structures intervenantes et de suivre plus facilement les réalisations dans le temps.
Pour Djiwa Oyetoundé, chargé du bureau de la FAO au Togo, il s’agit de pouvoir établir avec précision ce qui a été réalisé, à quel endroit, par quels acteurs et avec quels moyens, puis de rendre ces informations consultables sur une carte.
Une meilleure traçabilité pour orienter les investissements
Un système national de suivi pourrait également améliorer la coordination des interventions. En identifiant les zones déjà couvertes et celles qui nécessitent davantage d’efforts, les pouvoirs publics et leurs partenaires disposeraient d’éléments plus fiables pour orienter les financements et limiter les chevauchements entre projets.
Les travaux d’Atakpamé, organisés du 6 au 8 octobre, ont permis de recenser les outils existants, d’examiner les questions de fiabilité et de sécurité des données, puis de définir une feuille de route pour les prochaines étapes. La plateforme envisagée n’est donc pas encore présentée comme opérationnelle.
À l’approche de 2030, le défi du Togo ne consiste plus seulement à multiplier les campagnes de reboisement. Il est aussi de démontrer, sur la base d’informations vérifiables, que les actions engagées contribuent réellement à restaurer les paysages, préserver les écosystèmes et améliorer durablement l’état des terres.
La Rédaction

