Du 1er au 31 juillet, les activités de pêche maritime sont suspendues sur l’ensemble du littoral togolais. Une mesure de repos biologique reconduite pour la deuxième année consécutive, au cœur d’une stratégie de reconstitution des ressources marines face à leur dégradation progressive.
Le secteur de la pêche maritime observe une nouvelle période de fermeture temporaire. Du 1er au 31 juillet, toute activité de pêche est suspendue sur les côtes togolaises, conformément au dispositif de repos biologique mis en place par les autorités.
Cette mesure, reconduite pour la deuxième année consécutive, s’inscrit dans une politique de gestion durable des ressources halieutiques, dans un contexte marqué par la baisse des stocks et la pression croissante sur les écosystèmes marins.
Une pause écologique pour reconstituer les stocks
Le repos biologique repose sur un principe simple : interrompre temporairement l’exploitation des ressources pour permettre aux espèces marines de se reproduire et aux populations de poissons de se régénérer.
Selon les autorités du secteur, cette période constitue un levier essentiel pour améliorer la durabilité de la pêche et éviter l’effondrement des stocks.
Le directeur de la production halieutique, Ali Domtani, souligne que cette suspension n’est pas uniquement une contrainte réglementaire, mais un investissement écologique et économique. À terme, une bonne gestion du repos biologique pourrait permettre une amélioration significative des rendements de pêche.
Une stratégie éprouvée à l’échelle régionale
Les expériences menées dans plusieurs pays ouest-africains renforcent la pertinence de cette approche.
Au Sénégal, certaines zones ont enregistré une amélioration notable de la biomasse halieutique. En Mauritanie, la pêche au poulpe a connu une progression significative des captures sur plusieurs années. Au Ghana, les périodes de fermeture ont contribué à une augmentation de la taille moyenne des poissons et à une amélioration des volumes de production.
Au Togo, des résultats similaires ont déjà été observés dans le cadre de la gestion du lac de Nangbéto, où l’association du repos biologique et du renforcement de la surveillance a permis une hausse de la production halieutique entre 2016 et 2019.
Un secteur vital mais sous tension
Le secteur halieutique représente environ 4,5 % du produit intérieur brut et constitue une source de revenus pour près de 20 000 personnes au Togo.
Cependant, la production nationale reste insuffisante pour couvrir la demande intérieure. Estimée entre 20 000 et 25 000 tonnes par an, elle est largement inférieure aux besoins du marché, évalués à environ 70 000 tonnes, ce qui entraîne une forte dépendance aux importations.
Dans ce contexte, la régulation des périodes de pêche apparaît comme un levier stratégique pour renforcer la souveraineté alimentaire et stabiliser progressivement les ressources locales.
Vers une gestion plus durable des ressources marines
Au-delà de la période de fermeture annuelle, les autorités misent sur une approche globale de gestion durable des ressources halieutiques, combinant réglementation, suivi scientifique et sensibilisation des acteurs du secteur.
L’enjeu est de concilier préservation des écosystèmes marins et maintien de l’activité économique des communautés de pêcheurs, fortement dépendantes de cette filière.
La Rédaction

