La coopération entre collectivités togolaises et françaises pourrait entrer dans une nouvelle phase. Au-delà des projets ponctuels d’accès à l’eau, d’assainissement ou de formation, les municipalités togolaises souhaitent développer des partenariats capables de répondre à des besoins plus vastes et de soutenir durablement les économies locales. Une ambition qui se précise à quelques mois des assises franco-togolaises prévues en janvier 2027 à Paris.
La coopération décentralisée entre le Togo et la France cherche à franchir un nouveau palier. À Kpalimé, une dizaine de maires des régions des Plateaux et Maritime ont récemment échangé avec une délégation du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères sur les résultats des collaborations existantes et les moyens d’en accroître la portée.
La rencontre, organisée le 14 octobre, s’inscrit dans la préparation des assises franco-togolaises de janvier prochain. Elle intervient également dans le prolongement de la visite au Togo du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, en avril 2026.
Derrière cette séquence diplomatique se dessine une interrogation essentielle pour les communes : comment transformer les relations entre collectivités en véritables leviers de développement territorial ?
Dépasser les projets isolés pour répondre aux besoins des territoires
Les partenariats franco-togolais couvrent déjà plusieurs secteurs : eau potable, assainissement, éducation, formation professionnelle, agriculture, gestion des déchets et insertion économique des femmes et des jeunes.
Ces interventions répondent à des besoins concrets, mais leur efficacité dépend aussi de leur continuité et de leur capacité à s’intégrer dans les priorités locales. Pour les municipalités, l’enjeu consiste désormais à dépasser la juxtaposition d’initiatives limitées afin de construire des programmes mieux coordonnés, susceptibles de bénéficier à plusieurs communes.
Cette ambition a notamment été défendue par le maire de Kloto 1, Afelete Kossi Atigaku. L’élu souhaite voir émerger des partenariats plus structurants, dont les retombées pourraient s’étendre à un ensemble territorial comme le Grand Kloto.
Une telle orientation suppose de rapprocher les besoins des communes, de mutualiser certaines ressources et de concevoir des projets dont la portée dépasse les frontières administratives d’une seule municipalité.
Paris 2027, une échéance pour préciser les engagements
Conduite par Frédéric Cholé, délégué pour les collectivités territoriales et la société civile au ministère français des Affaires étrangères, la mission avait pour objectif de recueillir les attentes des élus et d’identifier les obstacles rencontrés dans les partenariats actuels.
Les échanges doivent contribuer à préparer les assises de Paris, appelées à réunir des collectivités des deux pays autour de priorités communes. Le rendez-vous pourrait favoriser l’émergence de nouvelles collaborations, sans constituer à ce stade une garantie de financements ou de projets déjà arrêtés.
Cette dynamique s’inscrit dans la continuité des Rencontres de l’action internationale des collectivités territoriales de juillet 2026 et du projet de gouvernance territoriale au Togo pour la période 2025-2027, soutenu par l’ambassade de France.
Faire de la coopération un outil de développement local
Pour les communes togolaises, l’intérêt de ces partenariats ne réside pas uniquement dans l’accès à des appuis extérieurs. Il concerne également le partage d’expertise, le renforcement des capacités municipales et la possibilité de mieux organiser certains services essentiels.
L’enjeu est d’autant plus important que les collectivités sont confrontées à des besoins croissants en infrastructures, en équipements et en services de proximité. Des coopérations conçues à l’échelle de plusieurs territoires pourraient permettre de traiter certaines problématiques de manière plus cohérente.
Reste à traduire les intentions en engagements opérationnels. Le choix des projets, leur financement, leur gouvernance et leur pérennité détermineront la portée réelle de cette nouvelle étape.
À l’approche des assises de Paris, la question centrale n’est donc plus seulement de multiplier les jumelages et les échanges institutionnels. Elle est de savoir si la coopération franco-togolaise peut aider les communes à porter des investissements durables, directement perceptibles dans la vie quotidienne des populations.
La Rédaction

