125 ans après Londres, Lomé relance l’histoire. À l’occasion de l’anniversaire de la première Conférence panafricaine de 1900, une étape symbolique s’est tenue dans la capitale britannique, où le Togo a affirmé son rôle de pionnier dans la défense des droits des Africains et des Afrodescendants. Robert Dussey, ministre togolais des Affaires étrangères, a livré à la prestigieuse SOAS University un discours à forte résonance diplomatique, réaffirmant l’engagement de son pays en faveur d’une justice historique et d’un panafricanisme actif.
Mémoire et reconnaissance : hommage aux fondateurs
Dans une allocution mêlant solennité et vision politique, Robert Dussey a salué la mémoire des pionniers du panafricanisme, parmi lesquels W.E.B. Du Bois et George Padmore. En soulignant leur combat pour la dignité et l’unité des peuples noirs, le ministre a rappelé que ces figures emblématiques restent les boussoles d’une Afrique qui refuse l’oubli et réclame la reconnaissance des crimes passés.
Justice historique : le dossier des réparations porté à l’international
Sans détour, le chef de la diplomatie togolaise a placé les réparations pour l’esclavage, la colonisation et les déportations au cœur de son intervention. Ces violences, qualifiées de crimes contre l’humanité, doivent faire l’objet d’un dialogue sérieux et équitable, a-t-il insisté. Grâce à l’engagement du Togo, cette position est aujourd’hui défendue au plus haut niveau de l’Union africaine. “L’histoire impose des responsabilités”, a déclaré Robert Dussey, appelant les pays occidentaux à rompre avec l’indifférence et à reconnaître les dettes morales accumulées.
Un acteur moteur et fédérateur
En inscrivant cette exigence dans l’agenda international, le Togo se positionne comme un acteur diplomatique central, fédérateur et déterminé. Le pays ne se limite pas à dénoncer, il propose, mobilise et structure une réponse collective aux injustices du passé, tout en esquissant les bases d’une coopération mondiale plus équilibrée.
De Londres à Lomé : vers un congrès stratégique
L’année 2025 sera un tournant. En décembre, Lomé accueillera le 9e Congrès panafricain, sous l’égide du président Faure Gnassingbé. Le thème “Renouveau du panafricanisme et rôle de l’Afrique dans la réforme des institutions multilatérales” marque l’ambition d’un continent prêt à reprendre la main sur son destin. Cette rencontre historique vise à réunir les énergies autour d’un panafricanisme moderne, articulé autour de la justice, de la souveraineté et de l’autonomisation.
Une flamme à transmettre
La célébration du 125e anniversaire n’est pas une simple commémoration. Elle trace les contours d’un panafricanisme de demain, porteur de solutions face aux défis contemporains. Le Togo entend incarner cette nouvelle voie, et inscrire durablement l’Afrique au cœur des débats planétaires. À travers son action, Lomé devient bien plus qu’une capitale : un phare politique pour un continent en quête de reconnaissance, de réparation et de renaissance.
La Rédaction

