Dans un contexte tendu où les réseaux sociaux sont devenus les haut-parleurs d’une contestation débridée, le gouvernement togolais sort de son silence. Hier soir, sur le plateau de Cash et sans détour, diffusé sur New World TV, le ministre de la Fonction publique Gilbert Bawara a livré une déclaration ferme, sans fard, dans laquelle il a rappelé les principes de l’État de droit et mis en garde contre les dérives de la mobilisation numérique.
Une ligne rouge : le respect de la loi
« Force restera à la loi, face à l’appel au chaos ». La phrase claque comme un rappel à l’ordre. Sans jamais hausser le ton, mais avec une précision redoutable, le ministre a tenu à réaffirmer ce que le gouvernement considère comme non négociable : l’autorité de l’État. Derrière cette formule, se dessine une stratégie de fermeté face aux appels à manifester, parfois virulents, qui enflamment actuellement les plateformes numériques.
L’émission survient quelques heures seulement après la libération très médiatisée d’un artiste, dont la détention avait suscité une vague de protestation sur les réseaux sociaux. Si cette libération a été saluée par le ministre, elle ne saurait, selon lui, justifier des débordements. « Il faut saluer la décision judiciaire à sa juste valeur, mais ne pas la détourner pour en faire un carburant de l’agitation », a-t-il insisté.
Un appel à la responsabilité des corps intermédiaires
Loin de se contenter de fustiger les instigateurs de désordre, Gilbert Bawara a élargi son message à l’ensemble de la société. Partis politiques, associations, chefs traditionnels, responsables religieux : tous sont invités à jouer un rôle actif dans la préservation du climat social. « L’implication de tous les citoyens vaut son pesant d’or », a-t-il rappelé. Plus qu’un simple appel à l’unité, il s’agit d’un avertissement : la neutralité ou le silence face aux appels incendiaires peut être perçue comme une forme de complicité.
Il a également dénoncé la prolifération de discours catastrophistes — les « Cassandres », selon ses mots — qui, loin de nourrir un débat démocratique, alimentent la défiance et la confusion.
Un message clair aux influenceurs politiques
Si aucun nom n’a été cité, la cible est évidente. Les influenceurs politiques, qui mobilisent leurs abonnés à coups de vidéos virales et de messages tranchants, sont au cœur de la riposte gouvernementale. Pour Gilbert Bawara, ces nouveaux porte-voix du mécontentement ne peuvent se substituer aux institutions : « Ce n’est pas parce qu’on brandit une caméra frontale qu’on est du côté de la vérité. »
Le gouvernement, à travers lui, assume sa volonté de reprendre le contrôle du récit public. L’émotion ne peut gouverner, martèle-t-il en substance ; seules la loi et la raison garantissent l’équilibre républicain.
L’État face à la rue numérique
Cette prise de parole marque un tournant. Elle traduit une volonté claire : ne plus laisser le champ médiatique aux seuls influenceurs et activistes. Dans une époque où la viralité d’une vidéo peut peser plus qu’un communiqué officiel, le gouvernement réagit désormais sur le même terrain, avec des mots pesés, mais fermes.
Gilbert Bawara l’a rappelé hier soir : le Togo ne renoncera ni à sa stabilité, ni à son autorité. À ceux qui tentent de faire vaciller les institutions par la rumeur ou la manipulation émotionnelle, l’État oppose une ligne claire : l’ordre républicain ne se négocie pas en direct sur TikTok.
La Rédaction

