Au Togo, l’importation de semences, de pesticides et de certains équipements agricoles devrait bientôt s’affranchir d’une partie des contraintes administratives. Avec la future plateforme ePermis, les autorités entendent faciliter les démarches des opérateurs économiques tout en améliorant la surveillance des produits introduits sur le territoire. Une modernisation qui devra concilier rapidité des procédures et sécurité agricole.
Récemment lancé à Lomé, le projet ePermis prévoit la dématérialisation des demandes d’autorisation d’importation de plusieurs catégories de produits agricoles. Il bénéficie d’un financement supérieur à 450 000 euros, soit plus de 295 millions de FCFA, mobilisé avec l’appui de l’Union européenne et de la coopération allemande. Sa mise en œuvre est assurée par l’Alliance mondiale pour la facilitation des échanges, à travers la GIZ.
La plateforme devrait être mise en service dans un délai d’environ un an, après son développement, une phase de tests avec les opérateurs économiques et la formation des utilisateurs.
Des démarches plus simples, des contrôles mieux organisés
Le dispositif permettra aux importateurs de soumettre leurs demandes à distance, de suivre l’évolution des dossiers et de limiter les déplacements entre administrations. Pour les services compétents, il doit faciliter la circulation des informations et renforcer la traçabilité des autorisations délivrées.
Cette évolution répond également à un impératif phytosanitaire. L’introduction de semences et de produits végétaux peut favoriser la propagation de ravageurs ou de maladies susceptibles d’affecter les cultures locales. La simplification des formalités ne doit donc pas se traduire par un affaiblissement des vérifications nécessaires à la protection du secteur agricole.
La numérisation ne suffira pas sans réforme des procédures
Le projet prévoit un examen des circuits administratifs actuels afin d’identifier les lenteurs et les étapes pouvant être simplifiées. Cette dimension sera déterminante : reproduire sur un écran des démarches déjà complexes ne garantirait ni des délais plus courts ni une meilleure efficacité.
Le Togo dispose déjà du système ePhyto pour la délivrance numérique des certificats phytosanitaires à l’exportation. Avec ePermis, cette transformation s’étendrait aux autorisations d’importation, dans une logique de modernisation progressive des échanges agricoles.
Pour les opérateurs, les résultats attendus sont concrets : moins de déplacements, une meilleure visibilité sur le traitement des demandes et des procédures plus prévisibles. Leur réalisation dépendra de la fiabilité de la plateforme, de l’accompagnement des utilisateurs et de la coordination entre les administrations.
L’enjeu dépasse ainsi la disparition des dossiers papier. Il s’agit de construire un système capable de faciliter les échanges commerciaux tout en protégeant les exploitations togolaises contre les risques sanitaires liés aux importations.
La Rédaction

