Entre production nationale limitée et demande croissante, Lomé privilégie l’intégration régionale pour sécuriser son approvisionnement en électricité.
Dans un contexte de forte croissance de la demande énergétique, le Togo renforce son ancrage dans les mécanismes régionaux de coopération électrique. Les autorités expliquent ce choix stratégique par la nécessité de garantir un approvisionnement stable tout en maîtrisant les coûts de l’énergie pour les consommateurs.
Au cœur de cette stratégie figure le West African Power Pool (WAPP), dispositif mis en place par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) pour connecter les réseaux électriques des pays membres. L’ambition est de créer progressivement un marché régional de l’électricité où l’énergie circule librement entre les États selon les disponibilités de production.
Une dépendance encore forte aux importations
Les données récentes illustrent l’enjeu pour le Togo. En 2022, la production locale – issue notamment des centrales thermiques, des installations solaires et de l’hydroélectricité – n’a couvert qu’une partie des besoins nationaux. La majorité de l’électricité consommée dans le pays provient encore de l’extérieur.
Au total, environ 1 125 GWh ont été importés, soit près de 58 % de l’électricité injectée dans le réseau national cette année-là. Cette situation pousse les autorités à privilégier une approche flexible reposant sur les échanges régionaux.
Un réseau interconnecté en Afrique de l’Ouest
Grâce aux infrastructures d’interconnexion, le Togo peut se fournir auprès de plusieurs partenaires énergétiques de la sous-région. Les principaux flux proviennent notamment de la Communauté Électrique du Bénin (CEB), mais aussi du Ghana via la Volta River Authority (VRA) et du Nigeria à travers la Transmission Company of Nigeria (TCN).
Le principe du système régional est simple : permettre aux pays membres d’acheter de l’électricité là où elle est disponible et compétitive à un moment donné, tout en compensant les déficits de production locaux.
Vers un équilibre entre coopération et autonomie
Pour les autorités togolaises, cette coopération énergétique ne constitue pas une dépendance structurelle mais un levier d’efficacité économique. L’intégration au marché régional permet de sécuriser l’approvisionnement tout en réduisant les risques de pénurie.
Parallèlement, le gouvernement poursuit ses efforts pour accroître la capacité de production nationale, notamment dans les énergies renouvelables et les centrales à forte efficacité. L’objectif à moyen terme reste de renforcer l’autonomie énergétique du pays tout en continuant à profiter des avantages d’un réseau électrique régional interconnecté.
La Rédaction

