Figure connue du paysage intellectuel et politique togolais, Dr Ekue F. Gada est universitaire, homme politique et président du mouvement Citoyens Unis pour l’Intégration (CUI). À l’heure où le Togo entre dans un nouveau cycle institutionnel avec la mise en place effective de la Ve République, il livre une analyse lucide, enracinée dans l’histoire nationale, et projette ses attentes avec un regard empreint à la fois de réalisme et d’espérance.
Une transition accomplie dans les délais
Pour Dr Ekue F. Gada, l’avènement de la Cinquième République est d’abord le fruit d’un effort institutionnel « fort appréciable », respectueux de l’agenda de la transition. Il salue la mise en place des principales institutions — Président du Conseil, Président de la République, Sénat et Assemblée nationale — estimant que la formation du Gouvernement et d’autres structures comme le Protecteur du Citoyen ne saurait tarder. Cette structuration rapide constitue à ses yeux un gage de sérieux.
Un nouveau départ malgré les controverses
Même s’il reconnaît que l’adoption de cette nouvelle Constitution s’est faite « par une procédure extra-juridique controversée », sans référendum populaire, Dr Gada y voit malgré tout un renouveau porteur d’espoir. Selon lui, c’est désormais à cette République de « faire ses preuves », car « seuls ses fruits et ses performances arriveront à la justifier, à la faire accepter et à la faire aimer ». Il en appelle ainsi à la responsabilité des nouvelles autorités pour répondre aux attentes d’un peuple en quête de réformes profondes, sociales et économiques.
Un retour symbolique à 1960
L’homme politique établit une analogie frappante entre la situation actuelle et celle de 1960, année de l’indépendance. Il évoque une « nouvelle chance » pour le Togo, une occasion de « corriger les injustices » et de bâtir une gouvernance « inclusive, dynamique, équitable et prospère ». La ressemblance entre la loi constitutionnelle de 1960 et la Constitution actuelle, notamment dans la désignation du chef du gouvernement et l’absence de référendum, lui semble marquante. Il y voit un « retour à la case de départ », une opportunité historique à saisir.
Entre mémoire historique et espérance politique
Dr Gada prolonge sa réflexion en associant la Quatrième République aux « turbulences » et incompréhensions politiques récentes, tandis qu’il interprète l’avènement de la Cinquième République comme un moment de « liesse » similaire à celui du 27 avril 1960. Pour lui, ce nouveau cycle doit permettre aux Togolais de renouer avec « l’unité, la vérité, l’éthique politique et sociale » et d’œuvrer pour une « justice distributive » excluant les marginalisations.
Une bénédiction en forme de devoir collectif
Avec des mots forts et une vision spirituelle affirmée, Dr Gada rappelle que « Dieu écrit droit avec des lignes courbes ». Il invite le peuple togolais à croire en sa destinée de « pays pilote » et « d’Or de l’Humanité », tout en appelant à l’engagement collectif des élites civiles et militaires pour faire vivre ce nouveau chapitre.
La Rédaction

