La réconciliation nationale ne se limite pas à reconnaître les blessures du passé. Elle suppose aussi de donner une traduction concrète aux engagements pris envers les victimes. Dans la région Centrale, une nouvelle opération d’indemnisation du Haut-commissariat à la réconciliation et au renforcement de l’unité nationale (HCRRUN) illustre la poursuite de ce processus, dont l’un des défis demeure l’attente des personnes encore non indemnisées.
Du 12 au 17 octobre 2026, le HCRRUN organise à Sotouboua une session d’indemnisation destinée aux victimes non vulnérables des préfectures de Sotouboua, Blitta et Tchamba. Les opérations se déroulent dans les locaux de la préfecture de Sotouboua, selon une liste de bénéficiaires publiée sur le portail de l’institution et affichée dans les mairies et préfectures concernées.
Les personnes retenues doivent présenter une pièce d’identité en cours de validité. Celles qui ne figurent pas sur les listes sont invitées à patienter jusqu’à une prochaine phase de prise en charge.
Réparer les préjudices, reconnaître les victimes
Issu des recommandations de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR), le HCRRUN est chargé de mettre en œuvre les réparations liées aux violences sociopolitiques qu’a connues le Togo. Son intervention vise à reconnaître les préjudices subis et à accompagner les victimes dans un processus national de réconciliation.
À la fin de 2025, plus de 33 000 personnes avaient bénéficié d’une indemnisation. Ce bilan témoigne de l’ampleur du programme, mais rappelle également que sa mise en œuvre s’inscrit dans la durée. Les opérations successives répondent à la nécessité de traiter progressivement les dossiers des bénéficiaires identifiés.
La confiance dépend aussi de la continuité
Au-delà des montants versés, la portée des réparations repose sur la transparence des procédures, l’accessibilité des informations et la capacité à répondre aux interrogations des personnes encore en attente. La publication des listes constitue une étape importante, particulièrement lorsque les bénéficiaires résident dans des localités éloignées des centres administratifs.
L’indemnisation ne saurait effacer les violences passées ni remplacer toutes les dimensions de la justice et de la mémoire. Elle représente néanmoins une reconnaissance institutionnelle des souffrances endurées.
Dans la région Centrale, cette nouvelle session rappelle ainsi que la réconciliation se construit par des actes réguliers et vérifiables. Sa crédibilité dépendra autant des réparations déjà réalisées que de la possibilité, pour les victimes restantes, de voir leurs dossiers aboutir.
La Rédaction

