Près de huit millions de tonnes de déchets solides ont été collectées au Togo entre 2019 et 2025. Derrière ce volume se dessine un défi qui dépasse désormais la seule question de l’assainissement : à mesure que les quantités augmentent, le pays doit développer des capacités suffisantes pour transformer une part croissante de ce qui est aujourd’hui collecté.
La pression est particulièrement importante dans la région Maritime et à Lomé, où la concentration de la population et des activités économiques génère une part significative des déchets du pays.
Face à cette évolution, une filière de recyclage commence néanmoins à prendre davantage de place. Le nombre d’entreprises spécialisées est passé de huit en 2019 à quatorze en 2025. Cette progression témoigne d’une structuration graduelle du secteur, même si les volumes à prendre en charge continuent, eux aussi, d’augmenter.
De la collecte à la valorisation
L’enjeu consiste désormais à dépasser une logique essentiellement centrée sur l’enlèvement et l’évacuation. Une partie des matières collectées peut retrouver une utilité économique à condition de disposer de circuits efficaces de tri, de récupération et de transformation.
Plastiques, métaux ou matières organiques peuvent ainsi devenir des ressources pour de nouvelles activités plutôt que d’achever systématiquement leur parcours dans les sites de dépôt.
Cette évolution ouvre également un espace économique. Le développement du recyclage peut favoriser l’émergence d’entreprises spécialisées, créer des emplois et réduire parallèlement la quantité de matières destinées à l’élimination finale.
Une filière appelée à changer d’échelle
La progression du nombre d’opérateurs constitue donc un signal encourageant, mais elle ne suffit pas à mesurer la capacité réelle du secteur. Les volumes effectivement recyclés, les capacités industrielles disponibles et l’existence de débouchés pour les matières récupérées seront tout aussi déterminants.
Le défi environnemental est par ailleurs plus large. Aux déchets solides s’ajoutent les eaux usées ainsi que les résidus issus des activités agricoles et industrielles, qui nécessitent des filières de traitement adaptées.
À mesure que l’urbanisation et l’activité économique progressent, la question n’est donc plus seulement de savoir comment collecter davantage, mais quelle proportion de ces matières le Togo pourra progressivement réintroduire dans l’économie. C’est à cette capacité de valorisation que se mesurera, à terme, le changement d’échelle de la filière.
La Rédaction

