Togblékopé — À une heure où nombre de partis s’adressent encore aux foules depuis les estrades, Tchassona Traoré, président du Mouvement Citoyen pour la Démocratie (MCD), a préféré l’ombre des ruelles inondées de Togblékopé pour ouvrir sa campagne. Une posture assumée, à rebours des logiques de grand-messe électorale, qui fait de la proximité un acte politique.
C’est dans ce quartier périphérique de Lomé, souvent livré à lui-même lors des saisons pluvieuses, que le MCD a donné jeudi le coup d’envoi de sa participation aux élections municipales prévues pour le 17 juillet. Le choix du terrain, dans tous les sens du terme, n’est pas fortuit. « Nous ne venons pas promettre. Nous venons prendre acte, et nous engager », a déclaré Tchassona Traoré au détour d’une conversation impromptue avec des habitants réunis sous un abri de fortune.
Le MCD, dont la présence est annoncée dans 11 communes à travers le pays, mise sur des candidatures locales, portées par des citoyens enracinés dans leur milieu de vie. À Togblékopé, c’est un résident du quartier qui portera les couleurs du parti : une stratégie de légitimation territoriale dans un contexte de décentralisation encore fragile, où les conseils municipaux restent largement perçus comme des émanations de partis, plus que des relais citoyens.
En se concentrant sur les défaillances concrètes des services publics, le MCD entend faire de la gouvernance locale un espace d’actions immédiates. Éclairage, voirie, assainissement, gestion des déchets — des thématiques souvent marginalisées dans le discours politique national, mais qui structurent la vie quotidienne.
Alors que certaines formations multiplient les hésitations entre dénonciation du nouveau cadre constitutionnel et participation à ses mécanismes électoraux, le MCD revendique une ligne claire : renforcer la démocratie par la base, sans renier les contradictions du moment. « Si nous n’existons pas dans les communes, nous ne pesons nulle part », glisse un cadre du parti.
Togblékopé aura donc été, pour ce lancement de campagne, moins un décor qu’un manifeste. Une manière de rappeler que le pouvoir local ne se conquiert pas en slogans, mais en engagement de proximité.
La Rédaction

