Le Grand Lomé engage une nouvelle bataille pour la maîtrise de son espace public. À partir du 2 novembre, une opération de désencombrement doit concerner les treize communes de l’agglomération. Mais derrière le retrait des étals, kiosques et garages installés irrégulièrement se pose une question plus profonde : comment rétablir la sécurité des déplacements tout en tenant compte des activités économiques qui occupent quotidiennement les abords des routes ?
Des voies publiques devenues des espaces commerciaux
Sur plusieurs axes de Lomé, les limites entre chaussée, trottoir et espace marchand se sont progressivement brouillées. Des installations commerciales et artisanales empiètent sur les emprises routières, réduisant parfois les passages réservés aux piétons et compliquant la circulation.
Le District autonome du Grand-Lomé (DAGL) entend mettre fin à ces occupations irrégulières à travers une intervention coordonnée, programmée jusqu’au 20 novembre sur les voies bitumées et pavées.
L’objectif est notamment de sécuriser les déplacements et de rétablir l’usage des infrastructures publiques. Dans la commune du Golfe 1, les occupants concernés ont déjà été invités à retirer volontairement leurs installations afin d’éviter d’éventuelles saisies ou démolitions.
Une économie de proximité difficile à réorganiser
La question dépasse pourtant le respect des règles d’urbanisme. Les abords des routes constituent également des lieux d’activité pour de nombreux petits commerçants, réparateurs et artisans, dont la clientèle dépend souvent de la fréquentation des voies.
Leur retrait peut améliorer la circulation sans résoudre automatiquement la question de leur implantation future. L’accès à des emplacements commerciaux adaptés, la proximité des consommateurs et le coût d’installation représentent autant de paramètres à considérer.
Les communications officielles consultées ne détaillent pas de dispositif général de réinstallation pour les activités concernées.
Le véritable défi commencera après les déguerpissements
Les opérations précédentes n’ont pas empêché la réapparition d’installations sur certaines emprises libérées. Cette persistance montre les limites d’une réponse fondée uniquement sur leur enlèvement.
La coordination entre le District, les communes et les autorités locales sera donc déterminante, tout comme le contrôle des espaces dégagés.
Au-delà du 20 novembre, la réussite de l’opération dépendra de la capacité à maintenir les voies accessibles sans simplement déplacer les occupations vers d’autres quartiers. C’est désormais toute l’organisation du commerce de proximité et de l’espace public qui est en jeu.
La Rédaction
Sources : DAGL — Communication officielle ; Portail officiel du Togo ; Échos des communes — Consignes municipales de Golfe 1.

