En 2026, le Togo change radicalement sa stratégie agricole. Pour la première fois, l’exportation de trois matières premières stratégiques — noix de cajou, graines de soja et noix de karité — est soumise à une taxation progressive. Cette mesure ne vise pas seulement à générer des revenus pour l’État, elle cherche avant tout à stimuler la transformation locale, sécuriser l’approvisionnement intérieur et créer de nouvelles opportunités économiques pour le pays.
Un barème fiscal inédit pour structurer l’export
Selon les dispositions de la loi de finances 2026, chaque kilogramme de cajou, soja ou karité exporté sera taxé entre 1 et 100 F CFA. Cette taxe s’appliquera sur toute la période du 1er janvier au 31 décembre 2026. L’objectif affiché par les autorités est de freiner l’exportation massive de matières premières brutes, souvent réalisées au détriment de la transformation locale et de l’industrie nationale naissante.
Transformer plutôt qu’exporter : un signal clair aux acteurs économiques
Le gouvernement insiste sur le fait que la valeur réelle de ces produits ne réside pas seulement dans leur exportation. La transformation sur place — beurre de karité, produits dérivés du soja, cajou grillé ou torréfié — permet de créer des emplois, d’accroître la valeur ajoutée et de renforcer l’économie intérieure. La taxe sert ainsi d’outil incitatif pour pousser producteurs et industriels à investir dans les chaînes de transformation.
Des inquiétudes côté producteurs
Malgré les objectifs ambitieux, la mesure soulève des interrogations. Les organisations de producteurs craignent que la taxe soit répercutée sur le prix d’achat au producteur, réduisant leurs revenus dans un contexte où les marges agricoles restent fragiles. Les autorités, conscientes de ces préoccupations, promettent un accompagnement réglementaire et informatif pour limiter tout impact négatif sur les producteurs et le marché local.
Un pas stratégique pour l’économie togolaise
Cette initiative illustre une tendance plus large en Afrique : faire passer l’agriculture de la simple production à la création de richesse durable. Pour le Togo, cajou, soja et karité deviennent plus qu’un produit d’exportation, ils représentent désormais des leviers pour l’industrialisation, la sécurisation des emplois et l’essor économique national.
La Rédaction

