Moins d’un an après son arrivée au pouvoir, la Première ministre thaïlandaise Paetongtarn Shinawatra a été destituée par la Cour constitutionnelle. Cette décision, justifiée par une violation supposée des règles éthiques, marque un tournant politique majeur et rouvre la question de l’avenir de la puissante famille Shinawatra.
Une éviction brutale après un appel controversé
Élue en août 2024, Paetongtarn Shinawatra n’aura pas eu le temps d’asseoir son autorité. La Cour constitutionnelle l’a reconnue coupable d’avoir mal géré un différend frontalier avec le Cambodge. La décision s’appuie sur un appel téléphonique du 15 juin avec Hun Sen, président du Sénat cambodgien, rendu public peu après. Durant cette conversation, la Première ministre a multiplié les marques de familiarité, allant jusqu’à l’appeler « tonton », tout en critiquant indirectement un haut gradé thaïlandais.
Cette attitude a été perçue par ses opposants comme une atteinte à la dignité nationale et un manquement grave à ses obligations. La sanction est tombée : destitution immédiate et dissolution de l’ensemble du gouvernement.
Des tensions frontalières qui dégénèrent
Déjà suspendue depuis le 1er juillet, Paetongtarn a vu sa position fragilisée alors que les tensions avec le Cambodge s’aggravaient. Entre le 25 et le 28 juillet, des affrontements meurtriers ont éclaté le long de la frontière disputée, alimentant les critiques sur sa gestion des affaires sécuritaires.
La fin d’un cycle pour les Shinawatra ?
Pour de nombreux analystes, cette décision va au-delà d’un simple procès éthique. Elle vise directement la « marque Shinawatra », cette dynastie politique qui domine la vie thaïlandaise depuis deux décennies, entre succès électoraux et destitutions répétées. Après Thaksin et Yingluck, c’est désormais Paetongtarn qui subit l’éviction brutale des institutions judiciaires.
Cette chute fragilise durablement la famille et ouvre une période d’incertitude politique pour la Thaïlande, alors que l’armée et les élites conservatrices cherchent à reprendre la main.
La Rédaction

