Sophie Primas, la ministre française déléguée au Commerce, met en garde l’Union européenne contre la ratification de l’accord de libre-échange avec le bloc sud-américain du Mercosur sans l’appui de la France. Pour Primas, qui a succédé à ce poste en septembre après plus de dix ans au Sénat où elle s’est distinguée dans des dossiers économiques majeurs, un tel accord serait une « erreur politique » menaçant la cohésion européenne.
Un sentiment anti-européen à redouter
« Nous risquons d’alimenter un sentiment anti-européen non seulement en France, mais dans le monde entier », a déclaré Primas. La ministre, qui s’est illustrée par ses positions fermes en faveur des agriculteurs français et de la souveraineté économique, multiplie les déplacements à l’international pour porter la voix de la France sur les questions commerciales. Elle s’est récemment rendue au Chili et au Brésil, et doit participer prochainement à l’Expo internationale d’importation de la Chine à Shanghai, où elle discutera des barrières tarifaires qui touchent les exportations françaises.
L’accord Mercosur : Un dossier prioritaire
L’accord Mercosur, en négociation depuis plus de 25 ans, a été soutenu par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et par dix autres pays membres de l’UE, notamment l’Allemagne. Cet accord, qui créerait un marché de plus de 700 millions de personnes et éliminerait les droits de douane sur des produits allant de la viande bovine aux automobiles, est perçu par ses partisans comme une avancée économique majeure. Cependant, Primas, représentant la deuxième puissance économique de l’UE, maintient l’opposition ferme de la France, arguant que l’accord pourrait causer des dommages aux agriculteurs européens en raison de la concurrence avec des produits de moindre qualité en provenance d’Amérique du Sud, tout en présentant des risques environnementaux.
La France à la recherche d’alliés
Pour Primas, le combat ne se limite pas à un désaccord politique isolé. Elle cherche activement à rassembler des soutiens parmi d’autres pays européens pour former une minorité de blocage, une démarche complexe nécessitant le soutien d’au moins trois autres États membres représentant 35 % de la population de l’UE. La Pologne, l’Autriche et l’Irlande ont déjà exprimé des doutes concernant l’accord, bien qu’il reste incertain s’ils se rallieront à l’opposition française.
Par ailleurs, l’aspect juridique de l’accord n’est pas encore tranché. Si celui-ci est considéré comme un « accord mixte », l’approbation des parlements nationaux des États membres serait nécessaire. Primas défend l’idée que contourner ces parlements serait inacceptable, et souligne qu’en France, la majorité des députés est prête à rejeter l’accord.
Un combat politique qui persiste
Malgré les défis, Primas se montre résolue : « Nous trouverons une minorité de blocage si nécessaire », a-t-elle affirmé. Elle reste optimiste quant à la possibilité de rallier des pays hésitants et a récemment discuté avec des responsables italiens et néerlandais, bien que leur position reste incertaine. La ministre a conclu en réitérant sa détermination à protéger les intérêts de la France et des Européens. « Le combat n’est pas terminé », a-t-elle déclaré, convaincue que l’accord ne passera pas toutes les étapes pour entrer en vigueur.
La Rédaction

