L’armée tchadienne a dénoncé samedi 27 décembre 2025 une attaque menée la veille par des paramilitaires soudanais contre la localité frontalière d’Al-Tina. Cet incident a entraîné la mort de deux soldats tchadiens et la blessure d’un troisième, qualifié par l’état-major de « d’agression injustifiée » contre la souveraineté du Tchad. Cette attaque survient dans un contexte de tensions accrues entre le Tchad et le Soudan, alors que la guerre civile soudanaise perdure depuis avril 2023.
Les faits : un bombardement par drone meurtrier
Selon le communiqué officiel de l’armée tchadienne, un drone des Forces de soutien rapide (RSF)soudanaises a bombardé la localité d’Al-Tina, située à la frontière avec le Darfour. Il s’agit du premier incident ayant coûté la vie à des soldats tchadiens depuis le début du conflit soudanais, souligne un haut responsable militaire sous couvert d’anonymat. L’attaque est considérée comme intentionnelle et délibérée, violant le droit international.
Réaction de l’armée tchadienne
L’état-major tchadien a averti que toute nouvelle violation de son territoire pourrait entraîner une réponse en légitime défense, conformément à l’article 51 de la Charte des Nations unies. L’armée met en garde les belligérants du conflit soudanais contre toute atteinte future à la souveraineté du Tchad, signalant une posture ferme face aux incursions transfrontalières.
Contexte du conflit au Soudan
Les RSF, en lutte contre l’armée régulière soudanaise (SAF), contrôlent désormais la quasi-totalité du nord et de l’ouest du Darfour, à l’exception de certaines poches neutres. Depuis octobre 2025, elles ont consolidé leur emprise sur la région en prenant le contrôle de villes stratégiques comme El-Facher, Abou Qomra et Oum Brou, situées sur l’axe menant à la frontière tchadienne.
La guerre civile soudanaise a fait des dizaines de milliers de morts et déplacé des millions de personnes, provoquant ce que l’ONU qualifie de pire crise humanitaire au monde.
Conséquences pour la sécurité régionale
L’incursion transfrontalière souligne la fragilité de la sécurité dans la région du Sahel et pourrait exacerber les tensions entre le Tchad et le Soudan. Les autorités tchadiennes pourraient renforcer leur présence militaire le long de la frontière pour prévenir de nouvelles attaques, tandis que la communauté internationale suit de près la situation pour éviter une escalade du conflit.
L’attaque de la localité d’Al-Tina par les paramilitaires soudanais marque une escalade transfrontalière significative et met en lumière les risques de propagation de la guerre civile soudanaise au-delà de ses frontières. Le Tchad réaffirme sa détermination à protéger sa souveraineté et se réserve le droit de riposter en légitime défense en cas de nouvelles violations.
La Rédaction

