La Syrie, déjà fragilisée par des décennies de guerre, fait face à une sécheresse historique, la plus grave depuis 1956. Dans un pays où l’agriculture constitue encore un pilier vital de l’économie et de l’emploi, les pluies insuffisantes et le tarissement des rivières provoquent une crise alimentaire majeure.
Des fleuves agonisants et des sols assoiffés
L’Oronte, fleuve emblématique du pays, traverse les régions de Homs, Hama et Idlib sur 571 kilomètres. Aujourd’hui, son lit est parsemé de mares stagnantes et de terres craquelées, les rochers étant mis à nu et les roseaux desséchés. Après un hiver quasi sans pluie et un été brûlant, le fleuve est au bord de l’agonie, et l’automne sec pourrait lui porter le coup fatal. Les précipitations annuelles ne représentent plus que 30 % des normales saisonnières, un niveau jamais atteint depuis près de sept décennies.

Un impact humain et économique majeur
Cette sécheresse frappe particulièrement les exploitations agricoles et les emplois liés à la pêche et à l’irrigation. Le volume d’eau du barrage de Rastane, situé entre Homs et Hama, baisse dangereusement, menaçant le gagne-pain de milliers de pêcheurs et d’agriculteurs. Des vergers de Hama aux champs maraîchers d’Idlib, plus de 200 000 emplois sont directement menacés sur le bassin de l’Oronte. La sécurité alimentaire, déjà fragile, est désormais sous pression.
Réactions du pouvoir syrien
Pour faire face à cette crise, le président intérimaire Ahmed Al-Charaa a lancé des importations massives de blé en provenance de Russie et d’autres pays producteurs. Cette mesure vise à prévenir une famine imminente, mais elle illustre aussi la vulnérabilité persistante de la Syrie face aux catastrophes climatiques et aux effets prolongés de la guerre.
Des conséquences environnementales à long terme
Les années de conflit ont aggravé la situation. Les arbres fruitiers ont été coupés pour le bois de chauffage et la cuisson, et les terres agricoles ont été retournées en urgence pour des cultures de survie. Cette surexploitation des ressources naturelles a fragilisé les sols et réduit la capacité des régions rurales à résister aux sécheresses prolongées.
La Syrie est confrontée à un défi multidimensionnel : sécheresse historique, fragilité économique et alimentaire, et conséquences environnementales. Le pays se retrouve dans une course contre le temps pour protéger ses populations rurales et prévenir une crise humanitaire majeure, rappelant l’urgence d’une gestion durable de l’eau et de l’agriculture.
La Rédaction

