Dans le nord-est de la Syrie, 42 familles ont été récemment évacuées du camp d’Al-Hol, tristement célèbre pour accueillir depuis des années des dizaines de milliers de femmes et d’enfants liés, de près ou de loin, à l’organisation État islamique. Ces départs font suite à un accord entre les autorités kurdes et le régime syrien, visant à rapatrier progressivement ces familles.
Parmi elles, Amina, 30 ans, veuve d’un combattant présumé de Daech, quitte le camp avec ses trois enfants après six années d’enfermement. Derrière les barbelés, ses amies, encore retenues, pleurent en silence. « Tout le monde veut partir, c’est pire qu’une prison », lance l’une d’elles.
La procédure de libération ne concerne pour l’instant que les cas jugés les plus urgents sur le plan humanitaire. Les dossiers sont passés au crible pour évaluer le niveau de radicalisation. Mais la situation reste tendue : faute de solution rapide, les réseaux de passeurs prolifèrent, selon la direction du camp.
Une fois libérées, ces familles affrontent une autre forme de marginalisation. « Il n’y a personne pour nous accueillir… », confie Amina, consciente qu’une fois étiquetée Daech, on ne revient jamais vraiment à la vie normale.
La Rédaction

