Alep, deuxième ville de Syrie et poumon économique du pays, a échappé au contrôle du régime pour la première fois depuis 2011. Cette avancée est le fruit d’une offensive éclair menée par une coalition de groupes rebelles, dirigée par les islamistes radicaux de Hayat Tahrir al-Sham (HTC). Cette coalition a progressé rapidement dans le nord-ouest du pays, capturant des dizaines de localités et menaçant désormais Hama, un point stratégique vers Damas.
Une bataille aux répercussions multiples
Les combats, parmi les plus intenses depuis 2020, opposent les forces rebelles à l’armée syrienne, soutenue par la Russie et l’Iran. Alors qu’Alep tombe en grande partie sous le contrôle des rebelles, les affrontements gagnent les provinces d’Idlib, de Hama et de Lattaquié. Des bombardements, notamment russes, ont causé la mort de dizaines de civils, dont des femmes et des enfants. Dans ce contexte, l’ONU alerte sur les risques accrus pour les populations civiles et l’escalade des tensions internationales.
Une crise humanitaire exacerbée
Selon Adam Abdelmoula, coordonnateur humanitaire des Nations Unies pour la Syrie, cette reprise des hostilités intervient alors que plus de 16,7 millions de Syriens dépendent déjà de l’aide humanitaire. Les déplacements massifs provoqués par ces combats viennent aggraver une des pires crises humanitaires au monde. Les infrastructures civiles sont endommagées, les services essentiels suspendus, et des camps de déplacés à Idlib ont été frappés par des raids aériens.
L’impasse politique
Geir Otto Pedersen, envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie, a dénoncé un “échec collectif” des parties prenantes internationales à engager un processus politique durable. Depuis l’adoption en 2015 de la résolution 2254, qui appelle à une transition politique en Syrie, les pourparlers stagnent. Les récents combats illustrent les limites d’une gestion militaire du conflit, laissant présager de nouvelles divisions et davantage de destructions.
Une région morcelée et sous influence
Outre les forces rebelles et le régime, d’autres acteurs façonnent le terrain syrien. Les Kurdes contrôlent des zones dans le nord-est du pays, sous l’égide des Forces démocratiques syriennes (FDS), soutenues par les États-Unis. La Turquie, de son côté, maintient une présence militaire au nord et continue de s’opposer aux forces kurdes.
Vers une escalade régionale ?
La reprise des hostilités a des répercussions internationales majeures. L’Iran et la Russie réaffirment leur soutien indéfectible au régime de Bachar al-Assad, tandis que la Turquie et les États-Unis surveillent de près les développements. Dans ce contexte explosif, des initiatives politiques concrètes et urgentes s’imposent pour éviter une nouvelle détérioration de la situation en Syrie et dans la région.
La Rédaction

