La CEDEAO sonne l’alerte face à la multiplication des coups d’État et appelle à un renforcement urgent de la sécurité régionale
La démocratie en Afrique de l’Ouest traverse une période critique. Mardi, Omar Touray, président de la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), a suggéré d’envisager la déclaration d’un « état d’urgence » régional afin de protéger les institutions et anticiper les crises politiques. Son intervention, devant le Conseil de médiation et de sécurité de l’Union, intervient dans un contexte marqué par une instabilité inquiétante.
En quelques semaines, la région a été secouée par des événements majeurs : au Bénin, une tentative de coup d’État a été déjouée, tandis qu’en Guinée-Bissau, le président Umaro Sissoco Embalo a été renversé par l’armée. Ces incidents révèlent la fragilité des régimes démocratiques et questionnent la capacité des dirigeants ouest-africains à assurer la stabilité de leurs États.
Face à ces menaces, des actions concrètes commencent à se dessiner. Le Nigeria a dépêché des troupes pour soutenir le gouvernement béninois, contribuant à faire échouer le putsch contre Patrice Talon. Cette opération a reçu l’aval du Sénat nigérian, illustrant un exemple de coopération régionale pragmatique et efficace.
Pour Omar Touray, ces interventions ponctuelles ne suffisent pas. Il plaide pour « une introspection approfondie sur l’avenir démocratique de la CEDEAO » et insiste sur « l’investissement urgent dans la sécurité et la prévention des crises ». Selon lui, la région doit adopter une approche proactive, capable d’anticiper les instabilités avant qu’elles ne menacent l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest.
Au-delà de la sécurité immédiate, l’enjeu est de préserver la confiance des citoyens et l’intégrité des institutions démocratiques. L’état d’urgence pourrait ainsi devenir un outil stratégique pour protéger la démocratie et assurer la stabilité régionale.
La Rédaction

