Le 1er décembre 2024, le Ghana a élu Naana Jane Opoku Agyemang comme première vice-présidente, marquant un tournant historique pour les femmes en politique. Toutefois, malgré cette avancée, la représentation féminine au parlement demeure insuffisante. Lors des élections législatives de décembre, seulement 43 femmes ont été élues, contre 40 en 2020. Cela reste bien en deçà de l’équilibre attendu, avec une majorité d’hommes occupant les 276 sièges parlementaires.
L’un des principaux obstacles à une meilleure représentation féminine est le système électoral du Ghana, qui utilise le scrutin uninominal majoritaire à un tour. Ce système, axé sur des élections individuelles, tend à favoriser les hommes, réduisant ainsi les chances pour les femmes de se faire élire. Par contraste, un système de représentation proportionnelle, plus inclusif, a permis à d’autres pays, comme le Rwanda, de dépasser les 60 % de femmes au parlement.
Un autre frein majeur est l’absence de quotas de genre dans la législation ghanéenne, un mécanisme qui a démontré son efficacité dans d’autres nations pour augmenter le nombre de femmes parlementaires. Le Ghana avait pourtant expérimenté un quota de femmes dans les années 1960, mais cette mesure a été abandonnée après le renversement de Kwame Nkrumah.
Par ailleurs, les obstacles structurels et sociaux jouent un rôle déterminant. Le coût élevé de la campagne électorale, le manque de ressources pour les femmes et les violences politiques sont des défis supplémentaires. De plus, les primaires des partis restent largement fermées et sujettes à manipulations, ce qui désavantage les femmes candidates.
Malgré ces obstacles, des solutions existent. L’adoption d’un système de représentation proportionnelle, accompagné d’un quota pour les femmes, pourrait transformer la donne. Ce modèle a été adopté avec succès en Sierra Leone, où la proportion de femmes au parlement a augmenté de manière significative après la mise en place d’un quota de 30 %.
Le Ghana pourrait également s’inspirer d’initiatives comme celle du Sénégal, qui depuis 2010 a institué une loi sur la parité au parlement. De plus, une “stratégie de sièges sûrs” pourrait garantir que les femmes soient soutenues dans des circonscriptions où les chances de succès sont élevées. Cependant, sans une réforme majeure du système électoral et sans un engagement concret des partis politiques pour promouvoir la parité, la situation restera inchangée.
Ainsi, pour que le Ghana progresse vers une véritable égalité de genre au parlement, des réformes urgentes sont nécessaires, à commencer par l’adoption d’un système électoral plus inclusif et des quotas pour les femmes.
La Rédaction

