L’ONG Amnesty International a accusé mardi les paramilitaires soudanais des Forces de soutien rapide (FSR) de commettre des « crimes de guerre » lors de la prise d’El-Facher, dernière grande ville du Darfour encore hors de leur contrôle fin octobre. L’organisation a également pointé le soutien présumé des Émirats arabes unis dans cette offensive contre l’armée régulière.
Depuis avril 2023, le Soudan est plongé dans un conflit opposant l’armée du général Abdel Fattah al-Burhane aux FSR, dirigées par Mohamed Daglo, son ancien bras droit. Les FSR ont pris le contrôle de plusieurs villes du Darfour, s’emparant notamment d’El-Facher à la fin octobre.
À lire aussi : Soudan : El-Fasher au bord du gouffre, le PAM exige une intervention urgente
Amnesty International a recueilli les témoignages de 28 rescapés, décrivant des exactions graves allant des exécutions sommaires d’hommes non armés aux violences sexuelles contre femmes et jeunes filles. Parmi eux, le témoignage poignant d’une mère et de sa fille de 14 ans violées alors qu’elles fuyaient El-Facher. La fille, tombée gravement malade, est décédée à leur arrivée dans la ville refuge de Tawila.
Les Émirats arabes unis ont été accusés à plusieurs reprises de fournir armes, hommes et carburantaux FSR, accusations systématiquement niées par Abu Dhabi malgré les preuves documentées par des rapports internationaux et enquêtes indépendantes.
Depuis le début du conflit, les tentatives de médiation n’ont pas permis d’établir de cessez-le-feu durable, chaque camp cherchant à consolider ses positions avant toute négociation. Lundi soir, les FSR ont annoncé une trêve humanitaire unilatérale de trois mois, après que l’armée soudanaise a rejeté une proposition internationale jugée « inacceptable », dénonçant la partialité du mécanisme dit du « Quad » réunissant États-Unis, Arabie saoudite, Égypte et Émirats arabes unis, Abu Dhabi étant partie prenante.
La Rédaction

