La Cour pénale internationale (CPI) a requis une peine de prison à vie contre Ali Muhammad Ali Abd-Al-Rahman, plus connu sous le nom d’Ali Kushayb, chef de la milice des Janjawids, reconnu coupable de crimes commis dans la région du Darfour il y a plus de vingt ans.
Ali Kushayb a joué un rôle central dans une campagne de violences entre 2003 et 2004, ordonnant des exécutions massives et frappant à mort deux prisonniers avec une hache. En octobre 2025, le tribunal l’a reconnu coupable de 27 chefs d’accusation, comprenant meurtres, viols en masse et crimes contre l’humanité. Il s’agit de la première condamnation de la CPI concernant des crimes perpétrés au Darfour.
Le procureur Nicholas H. Nicholls a déclaré : « Il a commis ces crimes en toute connaissance de cause, délibérément et, comme le montrent les preuves, avec enthousiasme et vigueur ».
Lors de l’ouverture de son procès en avril 2022, Abd-Al-Rahman avait plaidé non coupable et contesté son identité, affirmant ne pas être la personne connue sous le nom d’Ali Kushayb. Les juges ont rejeté cette défense, rappelant qu’il s’était identifié par son nom et son surnom dans une vidéo lors de sa reddition. La défense plaidera encore cette semaine, demandant une peine de sept ans, ce qui pourrait permettre à l’homme de 76 ans de sortir de prison dans les 18 prochains mois au vu du temps déjà purgé.
Ali Kushayb s’était rendu aux autorités de la République centrafricaine, à proximité de la frontière soudanaise, en 2020.
Le conflit au Darfour avait éclaté en 2003 lorsque des groupes rebelles, issus des communautés ethniques africaines subsahariennes de la région, s’étaient insurgés contre l’oppression du gouvernement dominé par Khartoum. La réponse du président Omar al-Bashir avait été une campagne de répression sanglante, combinant bombardements aériens et raids menés par les Janjawids. Les villages étaient souvent attaqués à l’aube, les miliciens circulant à cheval ou à dos de chameau. Le conflit a fait jusqu’à 300 000 morts et a forcé 2,7 millions de personnes à fuir leurs foyers.
Omar al-Bashir, renversé et détenu depuis, a lui aussi été accusé par la CPI de crimes, notamment de génocide, mais n’a jamais été remis à la justice internationale.
La Rédaction

