À Pretoria, l’ex-Premier ministre soudanais Abdallah Hamdok tente de peser sur la scène régionale pour sortir son pays de la guerre. Affaibli par la scission de sa coalition, il plaide pour une issue politique, loin des armes.
L’ancien chef du gouvernement soudanais, Abdallah Hamdok, multiplie les appels à la paix depuis la capitale sud-africaine. En visite officielle à Pretoria le 24 juin 2025, il a été reçu par le président Cyril Ramaphosa, dans l’espoir de raviver un soutien africain à l’arrêt du conflit sanglant qui ravage le Soudan depuis avril 2023.
Depuis son exil et après avoir quitté le pouvoir à la suite d’un coup de force militaire en 2022, Hamdok s’est repositionné à la tête d’un front civil. Son objectif : mobiliser les acteurs africains et internationaux pour faire pression sur les belligérants – les Forces armées soudanaises (FAS) du général Abdel Fattah al-Burhan, et les Forces de soutien rapide (FSR) du général Mohamed Hamdan Daglo, dit Hemedti.
« Nous ne croyons pas qu’une solution militaire soit en mesure de régler ce conflit. Aucun camp ne peut espérer une victoire totale », a-t-il martelé à Pretoria. « Il faut mettre un terme aux souffrances de notre peuple. »
Une voix fragilisée
Mais son message, aussi ferme soit-il, résonne moins fort depuis la rupture de l’unité civile qu’il incarnait. En février 2025, la coalition Taqaddum, qu’il présidait, a volé en éclats. Au cœur de la discorde : la stratégie face à la guerre, et notamment la question de la participation à un gouvernement local dans les zones tenues par les FSR.
Une partie des membres de Taqaddum y voyait un levier de paix. D’autres, dont Hamdok, ont jugé cette option inacceptable. Le schisme a donné naissance à une nouvelle alliance baptisée Somoud (« résistance »), qui se veut strictement civile et se défend de toute collusion avec les FSR.
« Somoud n’a aucun lien avec les FSR », a insisté Hamdok. « C’est un projet purement civil, engagé pour la paix. »
La colère de Khartoum
Cette démarche n’a pas tardé à susciter la réaction virulente du gouvernement soudanais, actuellement dominé par les FAS. Dans un communiqué publié peu après la visite à Pretoria, le ministère des Affaires étrangères a accusé la coalition Somoud de « prendre parti » pour les FSR et mis en garde les pays qui choisiraient de traiter avec elle.
Alors que les combats s’intensifient à Khartoum, au Darfour et dans le Kordofan, Hamdok tente de s’imposer comme une voix crédible de sortie de crise. Mais sur une scène fracturée, où les alliances évoluent rapidement, son influence reste tributaire d’un soutien extérieur qu’il peine encore à transformer en levier diplomatique décisif.
La Rédaction

