Les pluies supérieures à la normale attendues pendant la saison Deyr font craindre une nouvelle vague de déplacements en Somalie. Une projection de l’OIM et du Conseil danois pour les réfugiés estime que près de 874 000 personnes pourraient être déplacées d’ici à la fin de décembre. Dans les zones déjà éprouvées par la sécheresse et la faim, les premières pluies ont commencé à endommager des habitations.
Une projection, pas un bilan
Entre octobre et décembre, 874 319 personnes pourraient être déplacées en Somalie, selon les projections de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et du Conseil danois pour les réfugiés. Les inondations représenteraient 92 % des déplacements envisagés, soit environ 804 000 personnes. Ce chiffre reste une estimation cumulée pour le trimestre : il ne signifie pas que ces personnes ont déjà quitté leur foyer ni que le scénario se réalisera nécessairement.
Le risque est particulièrement élevé à Beletweyne, où quelque 229 000 personnes pourraient être concernées, et à Gaalkacyo, où l’OIM en estime 82 000. Les bassins du Juba et du Shabelle concentrent aussi les inquiétudes. Des pluies à Baidoa ont déjà endommagé des habitations et poussé des familles à quitter certains quartiers, tandis que les niveaux des fleuves montent à Dollow et Jowhar.
Des pluies attendues, des effets encore incertains
Pour la saison d’octobre à décembre, le centre et le sud de la Somalie présentent une probabilité de 90 % de recevoir des précipitations supérieures à la normale, selon le centre climatique régional ICPAC. Certaines zones pourraient dépasser 400 millimètres. Cette prévision saisonnière signale un risque accru, mais ne permet pas de déterminer à elle seule l’ampleur ni la localisation exacte des inondations.
Les conséquences pourraient dépasser les destructions immédiates. L’IPC projette que 5,4 millions de personnes feront face à une insécurité alimentaire aiguë élevée entre octobre et décembre. À Baidoa, des personnes déplacées pourraient basculer dans la famine si des inondations importantes provoquaient de nouveaux déplacements et pertes de moyens de subsistance. Il s’agit d’un scénario conditionnel, dans un contexte déjà marqué par la sécheresse et les déplacements répétés.
La réponse sous contrainte
L’OIM indique n’avoir obtenu que 14,4 % des 16,62 millions de dollars nécessaires à ses opérations de préparation et de réponse, prévues pour soutenir plus de 517 000 personnes. Des agences prépositionnent déjà des fournitures, tandis que les autorités et partenaires suivent les fleuves, recensent les zones à risque et préparent des itinéraires d’évacuation.
La Rédaction

