L’horreur planifiée au cœur d’une ferme isolée
En 2014, dans le comté de Jackson, Oregon, la découverte des restes de Robert Haney et Stephen Delicino sur la propriété de Susan Monica révèle un crime d’une cruauté inouïe. Ancienne militaire et entrepreneuse rurale, Monica a été condamnée pour le meurtre de ses deux employés, utilisant l’isolement de sa ferme pour dissimuler ses actes.
Cette affaire met en lumière la violence qui peut surgir dans un cadre rural apparemment ordinaire, où le contrôle social est limité et la surveillance professionnelle minimale.
Une mécanique macabre au service de la violence
Robert Haney avait répondu à une annonce et rejoint la ferme pour y travailler. Au fil des mois, il s’acquitte de travaux de menuiserie et de manutention. En décembre 2013, sa famille constate son absence prolongée et se rend sur la propriété. Monica prétend alors qu’il avait quitté son emploi depuis plusieurs mois.
Les investigations révèlent la supercherie : les effets personnels de Haney sont restés sur place, son chien erre librement, et sa carte de prestations a été utilisée après sa disparition. La police découvre que Haney a été tué et laissé aux cochons de Monica. Stephen Delicino, un autre employé, avait été tué dans des circonstances similaires un an plus tôt.
Monica justifie ses actes en affirmant qu’elle « soulageait la souffrance » des victimes après avoir constaté leur état, rationalisant froidement la violence et transformant ses animaux en instruments involontaires de destruction.

Vue de la ferme de Susan Monica à Wimer, dans l’Oregon, au cœur de l’enquête criminelle.
Le procès et la condamnation
Le procès de Susan Monica est marqué par son comportement inhabituel. Elle interroge elle-même les enquêteurs, présente des démonstrations de ses actes et change de perruques au cours de l’audience. Ses récits sur la mort de Haney et Delicino sont contradictoires et contredits par les preuves médico-légales.
Elle est reconnue coupable du meurtre de Robert Haney et Stephen Delicino et condamnée à la prison à vie avec possibilité de libération conditionnelle après 50 ans. Le juge souligne la froideur et la rationalisation du crime au profit de ses animaux plutôt que des humains.
Une affaire révélatrice d’isolement et de contrôle
Cette affaire met en lumière les risques liés à l’isolement rural et à l’absence de surveillance sociale ou professionnelle. Monica a exploité sa propriété et son rôle d’employeuse pour créer un environnement où la violence pouvait se dérouler à l’abri des regards.
Elle illustre également la complexité des motivations criminelles modernes, mêlant calcul, opportunité et rationalisation psychologique, et rappelle la nécessité d’une vigilance accrue dans des contextes où l’autorité et la proximité des victimes peuvent être manipulées.
L’histoire de Susan Monica dépasse la simple horreur des actes commis. Elle montre comment un environnement domestique peut devenir une scène de crime, comment l’isolement favorise la répétition des actes criminels et comment la rationalisation psychologique permet de masquer l’inhumanité des faits. Son affaire constitue un avertissement sur la fragilité des protections sociales et professionnelles dans des contextes ruraux isolés.
La Rédaction
Sources et références
•Archives judiciaires du comté de Jackson, Oregon, 2014
•Rapport du shérif du comté de Jackson
•Couvertures médiatiques : The Oregonian, Oregon Live
•Études criminologiques sur la violence rurale et les homicides singuliers

