Face aux bouleversements de la modernité, plus de 180 pays se réunissent au siège de l’institution pour sanctuariser la mémoire orale, les savoir-faire ancestraux et les rituels de l’humanité.
C’est un rendez-vous crucial pour la mémoire vive de la planète. Ce mercredi 17 juin 2026 à 09h00, le siège parisien de l’UNESCO devient l’épicentre de la diplomatie culturelle mondiale. Pendant plusieurs jours, la 11e session de l’Assemblée générale des États parties à la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel réunit les délégations de plus de 180 pays autour d’un objectif commun : protéger les traditions vivantes face aux mutations économiques, climatiques et numériques du XXIe siècle.
Un sanctuaire pour les cultures de l’éphémère
Contrairement aux monuments de pierre, le patrimoine culturel immatériel réside dans le vivant : chants, danses, rituels sociaux, expressions orales et savoir-faire artisanaux. L’Assemblée générale constitue l’organe décisionnel central du dispositif international porté par l’UNESCO.
Cette 11e session s’inscrit dans la continuité de la Convention de 2003. Vingt-trois ans plus tard, l’enjeu s’est déplacé : il ne s’agit plus seulement d’inventorier les pratiques culturelles, mais d’assurer leur transmission dans un contexte marqué par l’uniformisation culturelle et les transformations sociales rapides.
Coulisses politiques et arbitrages financiers
La séance inaugurale fixe les paramètres institutionnels des travaux : élection du Bureau, désignation de la présidence et adoption de l’ordre du jour. Derrière cette séquence protocolaire se dessinent des décisions structurantes pour les années à venir.
Parmi les principaux enjeux figurent la répartition des fonds internationaux dédiés aux programmes de sauvegarde d’urgence, ainsi que l’examen des rapports nationaux produits par les États membres, considérés comme un indicateur de la vitalité des pratiques culturelles dans le monde.
La géopolitique du symbole : entre soft power et souveraineté
L’un des temps forts de la session concerne l’examen des nouvelles candidatures aux listes du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente.
Au fil des années, ces inscriptions sont devenues un levier de diplomatie culturelle. Pour de nombreux États, la reconnaissance d’une tradition par l’UNESCO dépasse la seule dimension patrimoniale : elle s’inscrit dans une logique de visibilité internationale, de légitimation symbolique et parfois de stratégie touristique. Ces processus donnent régulièrement lieu à des négociations discrètes entre délégations.
Repères pratiques et accessibilité des débats
L’Assemblée se tient au siège de l’UNESCO, institution fondée en 1945, au cœur de la diplomatie multilatérale de l’après-guerre.
| Paramètre | Détails |
| Lieu | Siège de l’UNESCO, Salle I — 7 place de Fontenoy, 75007 Paris |
| Accès physique | Réservé aux délégations officielles et ONG accréditées |
| Diffusion | Retransmission en direct sur les plateformes de l’UNESCO |
| Langues | Interprétation simultanée en français, anglais, espagnol, arabe, chinois et russe |
La Rédaction

