Quatre corps, quinze ans de mystère
Entre 1985 et 2000, quatre corps furent découverts dans des fûts métalliques au Bear Brook State Park, à Allenstown, New Hampshire. Chacun était démembré, emballé dans des sacs plastiques et partiellement squelettisé. Pendant des années, les enquêteurs ont été incapables d’identifier les victimes, désignant l’affaire simplement comme les « meurtres de Bear Brook ».
Le premier fût fut retrouvé le 10 novembre 1985 par un chasseur, contenant deux corps : une femme âgée de 23 à 33 ans et une fillette de 8 à 10 ans. Les corps furent enterrés dans un cimetière local avec une pierre tombale indiquant : « Que leurs âmes trouvent la paix dans l’amour de Dieu ». Le second fût, découvert quinze ans plus tard, le 9 mai 2000, contenait également deux jeunes filles mutilées, stockées de la même manière. Ces découvertes n’apportèrent aucune identification immédiate ni indices sur le meurtrier.
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Terry Rasmussen — le tueur aux multiples identités
Ce n’est qu’en 2017, grâce à la généalogie génétique, que les enquêteurs purent nommer leur homme : Terry Peder Rasmussen, décédé en 2010. Rasmussen avait vécu toute sa vie sous différents alias : Curtis Kimball, Larry Vanner, Bob Evans, et Robert Evans, multipliant les crimes tout en échappant aux autorités.
Rasmussen avait déjà été incarcéré pour des délits divers : vol, conduite sous influence et abandon d’enfant. Sa vie criminelle était marquée par des manipulations, des mariages simulés et une violence domestique. La découverte de sa connexion avec les corps du Bear Brook permit enfin de relier les crimes à une seule personne, révélant la complexité de ses manœuvres et sa capacité à passer inaperçu pendant des décennies.
Les victimes et l’obsession de l’identification
Trois des victimes furent identifiées grâce au travail minutieux de Rebekah Heath, bibliothécaire amatrice et chercheuse sur Internet, et de Barbara Rae-Venter, généalogiste spécialisée en ADN. Elles réussirent à relier les victimes à Rasmussen et à reconstituer les liens familiaux perdus, notamment la famille Honeychurch-Vaughn : Marlyse Honeychurch, ses filles Marie Elizabeth Vaughn et Sarah McWaters. La quatrième victime, la fille de Rasmussen, demeure toujours inconnue, symbolisant la part irrésolue de cette affaire tragique.
Un tueur méthodique et insaisissable
Rasmussen illustre le danger d’un prédateur méthodique capable de vivre parmi les autres sans éveiller de soupçons. Son mode opératoire et ses multiples identités ont retardé l’enquête pendant des décennies, soulignant les limites des méthodes d’investigation traditionnelles face à des criminels aussi adaptables. La persévérance d’enquêteurs amateurs et l’avancée technologique de la généalogie génétique furent essentielles pour dévoiler cette histoire macabre.
L’héritage criminel
Les meurtres de Bear Brook restent un exemple frappant de la complexité des enquêtes sur les tueurs en série, où la technologie moderne et la passion citoyenne ont permis de résoudre des décennies de mystère. L’affaire démontre aussi comment un criminel peut exploiter la confiance sociale et familiale pour commettre ses crimes en toute impunité, laissant des victimes et des familles dans un silence tragique trop longtemps.
La Rédaction
Sources et références :
•Harvey, Austin. Inside The Horrifying Mystery Of The Bear Brook Murders — And The Evidence That Points To The ‘Chameleon Killer’, 2020, Oxygen
•New Hampshire Public Radio. Bear Brook Podcast, 2018
•Los Angeles Times, archives sur Terry Rasmussen
•Maricopa County Sheriff’s Department, dossiers publics sur Terry Rasmussen
•Articles et publications généalogiques sur Rebekah Heath et Barbara Rae-Venter

