Quand la foi devient un prétexte pour le crime
Au début du XIXᵉ siècle, dans la province de Pampanga aux Philippines, un visage respectable dissimulait une horreur inimaginable. Juan Severino Mallari, prêtre catholique, mena une double vie : guide spirituel le jour, meurtrier nocturne la nuit. Entre 1816 et 1826, il assassina au moins 57 personnes, selon les archives coloniales espagnoles, dans des circonstances qui mêlaient croyances personnelles, superstition et obsession morbide.
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Un religieux en apparence respectable
Mallari était considéré comme un homme pieux, investi de sa fonction religieuse. Mais derrière cette façade, il orchestrerait une série de meurtres dont la logique échappait aux contemporains. Ses victimes étaient souvent des habitants de son village, et il prétendait accomplir des actes liés à des rituels visant à guérir ou protéger sa famille, notamment sa mère. Ce mélange de dévotion et de criminalité choqua profondément la communauté lorsqu’il fut découvert.
Des crimes systématiques et glaçants
Ses méthodes étaient méthodiques. Mallari utilisait des objets domestiques et des poisons, combinant cruauté et discrétion. Les victimes, souvent proches de lui, étaient ciblées sous prétexte de rituels ou de soins spirituels. Ce mélange de manipulation psychologique et de violence physique a permis à Mallari de sévir pendant une décennie sans éveiller de soupçons majeurs.
La découverte et la justice coloniale
La série de meurtres fut finalement révélée par la découverte de corps et d’objets ensanglantés chez lui. Les autorités coloniales espagnoles ouvrirent une enquête minutieuse, qui permit d’établir le nombre de victimes et la responsabilité de Mallari. Arrêté, il fut jugé, condamné et exécuté par pendaison en 1840, mettant un terme à cette série de crimes qui marqua l’histoire criminelle des Philippines.
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Un impact historique et sociétal
L’affaire Juan Severino Mallari dépasse la simple figure du tueur en série. Elle illustre comment le pouvoir religieux, la confiance sociale et les croyances peuvent être détournés à des fins criminelles. Pour les historiens et criminologues, ce cas reste un exemple rare et documenté de tueur en série dans un contexte colonial, démontrant la complexité des motivations humaines et la fragilité des institutions face à la tromperie.
La Rédaction
Sources et références
•Wikipedia : Juan Severino Mallari
•Archives espagnoles et publications historiques sur le colonialisme philippin
•Études universitaires en criminologie et histoire philippine
•Articles spécialisés sur les serial killers asiatiques historiques

