Le Fonds monétaire international a conclu récemment une mission de dix jours en Sierra Leone avec un diagnostic globalement positif, mais tempéré par des recommandations urgentes. Cette visite s’inscrivait dans le cadre de la Facilité élargie de crédit (FEC) de 253 millions de dollars accordée au pays pour la période 2025-2027. Si la croissance et la baisse de l’inflation sont saluées, certains dérapages budgétaires appellent des mesures correctives.
Des progrès notables dans un contexte économique fragile
Portée par une dynamique de reprise, l’économie sierra-léonaise a affiché une croissance de 4 % en 2024 et pourrait atteindre 4,5 % en 2025. L’inflation, autrefois galopante, a connu une chute spectaculaire, passant de 54,5 % en octobre 2023 à 13,1 % en février 2025. La stabilité du taux de change depuis la mi-2023 témoigne également d’un certain ancrage macroéconomique. Côté finances publiques, le gouvernement a réussi à réduire le déficit budgétaire, passé de 6,1 % du PIB en 2022 à 4,8 % en 2024.
Des écarts budgétaires pointés par le FMI
Mais ces résultats encourageants sont nuancés par des dépenses en capital plus élevées que prévu, notamment dans les secteurs routier et énergétique. Ces dépassements ont entraîné des écarts notables par rapport aux objectifs fixés pour le crédit net au gouvernement, les actifs nets domestiques et les réserves internationales nettes. Une situation qui, selon le FMI, nécessite des ajustements immédiats pour préserver la trajectoire du programme.
Des réformes exigées pour débloquer les fonds
Pour corriger le tir, le gouvernement et le FMI ont convenu de renforcer la mobilisation des recettes et de mieux maîtriser les dépenses publiques. Ces mesures sont indispensables pour atteindre les objectifs fixés d’ici juin 2025, condition préalable au déblocage des 253 millions de dollars prévus par la FEC.
La réalisation de ces cibles ouvrirait également l’accès à des financements supplémentaires de la Banque mondiale et de l’Union européenne. Surtout, elle permettrait à la Sierra Leone de prétendre au Fonds pour la résilience et la durabilité, une nouvelle enveloppe qui pourrait atteindre jusqu’à 415 millions de dollars pour soutenir la transition climatique et la stabilité économique à long terme.
Un gouvernement déterminé à maintenir le cap
Face à ces défis, les autorités sierra-léonaises ont réaffirmé leur engagement à poursuivre les réformes économiques. Elles entendent utiliser le programme du FMI comme un levier pour une croissance inclusive et une amélioration durable des conditions de vie de la population. Si la route reste semée d’embûches, le cap est clair : bâtir une économie plus résiliente, ancrée dans une gestion rigoureuse des finances publiques.
La Rédaction

