Deux militaires soupçonnés d’avoir joué un rôle de premier plan dans la tentative de coup d’État du 26 novembre 2023 en Sierra Leone ont été abattus près de Freetown lors d’une intervention des forces spéciales.
Le ministère de l’Information a annoncé que les capitaines Aiah Aba Senesie et TL Konteh, recherchés depuis près d’un an, ont trouvé la mort après avoir opposé une résistance armée aux forces de sécurité. Ces officiers, qualifiés “d’acteurs clés” de la tentative de renversement du pouvoir, étaient également accusés de préparer de nouvelles actions visant à plonger le pays dans le chaos.
Une tentative de coup d’État marquée par des violences meurtrières
Les événements de novembre 2023 avaient ébranlé la Sierra Leone. Des groupes armés avaient mené des attaques coordonnées contre une armurerie militaire, des casernes, des prisons et des postes de police. Ces opérations avaient entraîné des affrontements sanglants avec les forces de l’ordre, causant 21 morts et facilitant l’évasion de centaines de prisonniers. Après plusieurs heures de confusion, les autorités avaient réussi à rétablir l’ordre, tout en accusant des membres des forces armées d’être les instigateurs de ce putsch avorté.
Depuis, la répression a été implacable. Plus de 80 personnes, en majorité des militaires, ont été arrêtées. En juillet dernier, onze accusés ont été reconnus coupables de trahison et de meurtre, parmi lesquels Amadu Koita Makalo, ancien garde du corps de l’ex-président Ernest Bai Koroma. Ce dernier a été condamné à une peine cumulée de 182 ans de prison.
Une région sous tension
Ce coup d’État manqué a ravivé les craintes d’instabilité en Afrique de l’Ouest, une région secouée par une série de putschs depuis 2020. Les autorités sierra-léonaises tentent de rassurer la population tout en poursuivant leurs efforts pour capturer d’autres fugitifs encore en cavale.
Malgré ces arrestations et ces condamnations, des zones d’ombre subsistent quant aux réels instigateurs et aux motivations de la tentative de 2023. Cette ambiguïté alimente les spéculations sur les tensions internes au sein de l’armée et sur l’implication éventuelle de réseaux extérieurs.
Un message clair des autorités
Le gouvernement a affirmé que ces récentes opérations marquent sa détermination à protéger la stabilité du pays. Dans un contexte où la confiance entre civils et institutions reste fragile, ces interventions sont perçues comme une tentative d’affirmer l’autorité de l’État face aux menaces internes.
“Nous ne tolérerons aucune tentative de déstabilisation,” a déclaré un porte-parole du ministère de l’Information. Pendant ce temps, les forces de sécurité maintiennent une présence renforcée dans les zones jugées sensibles.
La Sierra Leone semble décidée à tourner la page de cet épisode sombre, tout en restant vigilante face aux dangers qui guettent la région.
La Rédaction

