Après avoir célébré les opportunités offertes aux femmes entrepreneures, le Salon international de l’entrepreneuriat féminin change de registre. Les 31 juillet et 1er août à Lomé, sa deuxième édition placera au centre des échanges une question décisive : comment construire des entreprises capables de résister aux risques financiers, commerciaux et organisationnels propres au contexte africain ?
Lomé accueillera dès ce vendredi la deuxième édition du Salon international de l’entrepreneuriat féminin. Porté par la Fondation Citoyens d’Afrique et KD Group, le rendez-vous panafricain se tiendra à l’Université de Lomé autour du thème « Le risque entrepreneurial dans le contexte africain ».
Ce choix marque une évolution dans le positionnement du salon. Après une première édition davantage tournée vers les opportunités, les organisateurs veulent désormais aborder les fragilités qui menacent la survie des entreprises : mauvaise anticipation des charges, accès difficile au financement, faiblesse de la gestion interne ou dépendance à des marchés instables.
Apprendre à protéger son entreprise
Le SIEF veut aider les participantes à mieux identifier les risques auxquels leurs activités sont exposées et à renforcer leurs capacités en gestion stratégique, financière et organisationnelle.
L’enjeu dépasse la création d’entreprise. Il s’agit d’accompagner les femmes déjà engagées dans l’activité économique afin qu’elles puissent structurer leurs projets, sécuriser leur croissance et prendre des décisions mieux informées.
Le programme prévoit un colloque scientifique consacré aux nouvelles figures du risque en Afrique, des formations, des ateliers pratiques et des rencontres entre entrepreneures, chercheurs, institutions financières et décideurs publics.
Du réseautage au financement
Le salon conservera également sa dimension de mise en relation. Les participantes pourront présenter leurs activités, nouer des partenariats et accéder à des interlocuteurs susceptibles de les accompagner dans leur développement.
Un concours de pitch figure parmi les temps forts de l’événement. Le Grand Prix africain de l’entrepreneuriat féminin doit récompenser plusieurs projets, avec une enveloppe annoncée de 5 millions de francs CFA et des appuis complémentaires en formation, visibilité et outils numériques.
Cette logique d’accompagnement répond à une difficulté récurrente : les financements peuvent exister sans être accessibles à des entreprises insuffisamment structurées ou incapables de répondre aux critères exigés par les investisseurs.
Un rendez-vous qui veut dépasser Lomé
L’édition 2026 prévoit également une ouverture vers les zones rurales, notamment à travers une immersion à Kara et un appui destiné à une coopérative féminine. Le dispositif cherche ainsi à éviter que les retombées du salon restent concentrées dans la capitale.
La première édition avait réuni plus de 1 000 participants venus de 13 pays africains. Pour cette nouvelle étape, l’ambition affichée est moins de multiplier les discours sur l’autonomisation que de fournir aux entrepreneures des outils pour protéger leurs activités et les inscrire dans la durée.
Le véritable succès du SIEF ne se mesurera donc pas uniquement au nombre de participantes ou de projets récompensés. Il dépendra de la capacité du salon à transformer les échanges, les formations et les financements en entreprises féminines plus solides, mieux organisées et moins vulnérables aux crises.
La Rédaction

