Dans quelques semaines, des classes du Grand Lomé et de la Kara deviendront les premiers terrains d’expérimentation d’un programme éducatif inédit au Togo : apprendre à lutter contre la corruption dès les bancs de l’école. Lycées, centres techniques, universités… ces établissements vont accueillir un contenu nouveau dans leurs cours, intégrant l’éthique, l’intégrité et la responsabilité citoyenne comme matières à part entière.
Ce choix de ces deux régions éducatives n’est pas anodin. Le Grand Lomé, cœur économique et politique du pays, et la Kara, région dynamique du nord, offrent une diversité socio-économique propice à l’évaluation du projet. Parmi les établissements concernés figurent le lycée de Légbassito, le lycée technique et professionnel d’Adidogomé, ainsi que l’université de Lomé, sans oublier le lycée Kara Sud et le CRETFP Kara.
Les acteurs locaux, enseignants, parents d’élèves et élèves eux-mêmes, voient dans cette initiative un espoir concret. « Former nos jeunes à l’intégrité et à la responsabilité civique est essentiel pour bâtir un Togo plus juste », souligne une enseignante du lycée de Légbassito. Certains restent cependant prudents, estimant que les contenus doivent être à la fois accessibles et adaptés aux réalités quotidiennes des élèves.
Pour préparer au mieux cette étape, la Haute Autorité de prévention et de lutte contre la corruption (HAPLUCIA) a organisé pendant les vacances des sessions de formation destinées aux enseignants et personnels d’encadrement. Ces derniers seront ainsi mieux outillés pour transmettre les notions d’éthique et de bonne gouvernance, que ce soit dans le cadre de l’Éducation Civique et Morale (ECM), des cours de législation du travail ou via des modules spécifiques à l’enseignement supérieur.
Portée par la volonté politique et la HAPLUCIA, cette initiative, officialisée début juillet, s’inscrit dans un calendrier ambitieux. Après cette phase pilote dans le Grand Lomé et la Kara, le programme doit s’étendre progressivement à l’ensemble du système éducatif togolais, avec pour objectif une généralisation d’ici 2028.
Si la lutte contre la corruption repose sur de nombreux piliers, l’éducation apparaît comme un levier stratégique pour former dès aujourd’hui les citoyens de demain. L’expérience togolaise servira de modèle à toute la région, qui observe avec intérêt ce pari d’enseigner l’intégrité et la transparence dès l’école.
La Rédaction

