Avec un guichet unique numérique, le gouvernement veut mettre fin aux incidents coûteux liés aux travaux publics et améliorer la coordination des infrastructures
Combien de fois un chantier a-t-il sectionné une fibre optique, endommagé une conduite d’eau ou perturbé un réseau électrique ? Au Togo, comme dans de nombreux pays, ces incidents à répétition ont longtemps été perçus comme des aléas inévitables. Ils traduisent pourtant une faiblesse structurelle : l’absence de visibilité globale sur les infrastructures enterrées.
Le gouvernement vient d’y apporter une réponse technologique et organisationnelle.
Un outil pour en finir avec les interventions à l’aveugle
La ministre chargée de l’Efficacité du service public et de la Transformation numérique, Cina Lawson, a lancé jeudi un guichet unique de cartographie des infrastructures. L’ambition est claire : passer d’une logique de réaction à une logique d’anticipation.
La plateforme permet aux maîtres d’ouvrage, entreprises de BTP, opérateurs de réseaux et administrations de consulter, en amont de tout chantier, la localisation précise des infrastructures existantes.
Une vision centralisée des réseaux stratégiques
Télécommunications, électricité, eau potable, assainissement : l’ensemble des réseaux est désormais intégré dans un système unique, accessible en temps réel depuis n’importe quel point du territoire.
Cette centralisation de l’information marque une rupture avec les pratiques fragmentées où chaque acteur disposait de ses propres données, souvent incomplètes ou non partagées.
La précision comme levier de transformation
Sur le plan technique, la plateforme s’appuie sur un système de géolocalisation de haute précision, capable de situer les infrastructures à quelques centimètres près.
Ce niveau de fiabilité change profondément la donne. Les plans deviennent exploitables, les tracés sécurisés, et les décisions d’aménagement reposent sur une base de données consolidée et opposable.
Vers une planification plus cohérente des investissements
Au-delà de la prévention des incidents, l’outil s’inscrit dans une logique plus large de modernisation de l’action publique. Il permet d’éviter les doublons dans les travaux, d’optimiser les investissements et de garantir la continuité des services essentiels.
La philosophie du dispositif, résumée par la ministre — anticiper plutôt que réparer — traduit une évolution vers une gouvernance plus intégrée des infrastructures.
La Rédaction

