En 1964, le Sénégal et le Maroc signaient une convention fondatrice, créant les bases d’une collaboration unique entre les deux pays. Si cet accord est souvent négligé par les jeunes générations, il représente pourtant un modèle de coopération qui pourrait inspirer toute l’Afrique.
Des diplomates, juristes, universitaires et anciens étudiants ayant bénéficié de formations au Maroc se sont récemment réunis à Dakar, dans le cadre d’un événement organisé par le Timbuktu Institute. Leur objectif : redécouvrir la portée de cette convention qui, bien qu’oubliée par beaucoup, a constitué un élément essentiel de la coopération entre ces deux nations. Hassan Naciri, ambassadeur du Maroc au Sénégal, a souligné que ce texte reste un symbole de la solidarité inébranlable qui lie les deux pays, et ce, bien avant la création de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) ou de l’Agenda 2063 de l’Union africaine.
Cette convention, qui accorde un statut privilégié aux ressortissants des deux pays, favorise non seulement l’intégration économique et professionnelle, mais facilite aussi la circulation des biens et des personnes. Si elle demeure largement sous-exploitée, elle incarne un modèle de coopération durable que de nombreux pays africains pourraient adopter pour renforcer leurs relations bilatérales. Selon Dr Bakary Sambe, directeur du Timbuktu Institute, « cet accord est une illustration concrète de la manière dont les pays africains peuvent collaborer pour surmonter les défis contemporains. »
Les avantages de cette convention vont au-delà de la simple libre circulation des personnes : elle permet également d’éviter la double imposition et garantit des opportunités égales d’investissement et d’établissement. Me Aly Fall, bâtonnier de l’Ordre des avocats du Sénégal, a souligné la nécessité de mieux faire connaître ces avantages, tout en plaidant pour leur exploitation à une échelle plus large.
De son côté, Me Khaled Abou El Houda, avocat sénégalais-marocain, a mis en lumière l’importance de sensibiliser les administrations des deux pays à ces dispositions pour maximiser leur impact. L’ancien ministre des Affaires étrangères, Ismaïla Madior Fall, a suggéré que cette convention soit évaluée à la lumière des nouveaux défis économiques et juridiques, notamment avec l’intégration du Sénégal dans la ZLECAf.
Ainsi, la Convention d’établissement entre le Sénégal et le Maroc, si elle est mise à jour et revitalisée, pourrait devenir un véritable levier pour renforcer les liens économiques et diplomatiques entre les deux nations, et même servir de modèle pour l’ensemble du continent africain.
La Rédaction

