À Diourbel, une femme de 49 ans a passé son baccalauréat… avec sa propre fille. Un récit d’endurance, de courage, et d’amour filial.
Il y a des scènes qui bouleversent, même dans le silence d’une salle d’examen. Dans une classe du Lycée Technique Ahmadou Bamba, à Diourbel, deux générations se sont assises côte à côte, le stylo entre les doigts et les rêves en bandoulière : une mère de 49 ans et sa fille, réunies par le même défi, celui du baccalauréat.
Cette mère, restée longtemps loin des bancs de l’école, n’avait pourtant jamais tiré un trait sur son ambition. Pendant plus de vingt ans, elle a élevé ses enfants, porté les charges du foyer, mis en veilleuse ses projets. Mais l’envie d’apprendre, elle, ne s’est jamais tue. Alors un jour, elle s’est levée. Elle a repris ses cahiers, revu ses formules, déterré son espoir.
Candidate libre, elle a relevé le défi en même temps que sa fille. Un pari fou ? Non. Un acte de foi. Entre elles, un lien de soutien réciproque s’est tissé au fil des mois : quand l’une fléchissait, l’autre la relevait. Elles ont partagé les révisions, les doutes, les rires. Jusqu’au jour J. Et ce jour-là, elles ont triomphé ensemble.
Le ministère de l’Enseignement supérieur a salué cette double réussite comme un symbole vibrant de résilience. « Cette victoire démontre que notre système éducatif peut être un tremplin pour toutes les ambitions, quels que soient l’âge ou le parcours », a déclaré l’Office du baccalauréat.
Le ministre Dr Abdourahmane Diouf n’a pas caché son émotion : « Ce n’est pas seulement une réussite scolaire. C’est une leçon de vie. Une preuve que l’éducation reste un droit inaliénable, à tout moment de l’existence. »
Au Sénégal, la proclamation des résultats du bac 2025 se poursuit, avec plus de 166 000 candidats inscrits. Mais cette histoire, rare et lumineuse, éclipse les statistiques. Elle rappelle que l’école n’est pas seulement un lieu, mais parfois une promesse tenue, même des années plus tard.
La Rédaction

