Le Fonds monétaire international (FMI) a indiqué qu’il lui faudrait encore plusieurs semaines pour statuer sur le dossier de la « dette cachée » du Sénégal. Cette affaire, révélée en septembre 2024 par les nouvelles autorités sénégalaises, a mis en lumière des erreurs de déclaration portant sur plus de 11 milliards de dollars, entraînant le gel d’un programme de prêt de 1,9 milliard de dollars.
Discussions prolongées entre Dakar et le FMI
À l’issue d’une mission au Sénégal, Edward Gemayel, chef de mission du FMI, a précisé que les mesures correctives restaient en discussion. L’institution internationale n’envisage de soumettre le dossier à son conseil d’administration qu’après avoir obtenu un accord sur ces mesures. Sans cette validation, Dakar pourrait être contraint de rembourser et se verrait limité dans ses marges de manœuvre financières.
Une dérogation indispensable pour l’avenir
Pour les dirigeants sénégalais, l’enjeu dépasse le simple effacement d’erreurs comptables : une dérogation du FMI est cruciale pour accéder à un nouveau programme de prêt. Le communiqué du FMI confirme que les autorités sénégalaises ont déjà exprimé leur volonté de solliciter ce programme, tandis que l’institution se dit prête à accompagner le pays dans la définition d’un plan de réformes ambitieux.
Confiance mise à l’épreuve
Le scandale des dettes non déclarées a fragilisé la confiance des bailleurs, d’autant que le FMI surveillait déjà les finances publiques sénégalaises au moment des irrégularités. En juillet dernier, l’institution avait insisté sur la nécessité de données supplémentaires avant de finaliser son évaluation.
Une relance sous contrainte
Dans ce contexte délicat, le gouvernement dirigé par le Premier ministre Ousmane Sonko a présenté un plan de relance économique, le premier depuis 2018. Le chef du gouvernement a promis de financer 90 % de ce programme par des ressources nationales, tout en limitant au maximum le recours à l’endettement. Selon plusieurs investisseurs, cette stratégie pourrait aider le pays à ramener progressivement son ratio dette/PIB à des niveaux plus soutenables.
La Rédaction

