Ce mercredi, face à la menace d’une motion de censure déposée par le camp majoritaire de l’ancien président à l’Assemblée nationale l’exécutif a contre-attaqué, par l’ouverture d’une session extraordinaire de l’Assemblée.
Face à la menace d’une motion de censure qui ferait tomber le gouvernement, l’exécutif a contre-attaqué en demandant l’ouverture d’une session extraordinaire de l’Assemblée nationale. Une stratégie pour imposer l’examen d’un certain nombre de propositions de loi plutôt que celui d’une motion de censure. L’article 84 de la constitution sénégalaise donne en effet la priorité au chef de l’État sur l’inscription à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale d’une proposition de loi. Avec sa demande de dernière minute pour ouvrir une session extraordinaire consacrée à l’examen de différents projets de loi, le président Bassirou Diomaye Faye a court-circuité la motion de censure qui visait son gouvernement puisque celle-ci ne figure pas sur le programme qu’il a lui-même fixé pour cette session extraordinaire.
L’idée a été lancée par Abdou Mbow, député de l’APR, qui a déposé une motion de censure ce lundi pour faire tomber le gouvernement. Il reproche au Premier ministre Ousmane Sonko de ne toujours présenter les grandes lignes de son programme devant les députés. En effet, l’article 86 de la Constitution donne la possibilité aux députés de faire démissionner le gouvernement. Si au moins 17 des 165 parlementaires signent une demande de motion de censure et la dépose à l’assemblée, une plénière doit être convoquée 48 h après, et si la motion est adoptée à la majorité simple, le gouvernement tombe.
Au Sénégal le torchon brûle intensément entre l’exécutif et le législatif. C’est une sorte de course contre-la-montre, entre le pouvoir et l’opposition, pour tenter de fragiliser l’autre camp avec en ligne de mire les futures élections législatives anticipées : la dissolution de l’Assemblée nationale pourrait en effet avoir lieu dès ce 12 septembre.
La Rédaction

