Depuis 2015, les familles de pêcheurs de Khar Yalla, près de Saint-Louis, vivent dans des conditions précaires après avoir été déplacées par les inondations côtières aggravées par le changement climatique. Ne bénéficiant ni de réinstallation planifiée ni d’accès aux services essentiels, elles demeurent privées de droits fondamentaux, selon un rapport de Human Rights Watch publié le 18 août 2025.Le rapport intitulé “Waiting for God”: Flood Displacement and Planned Relocation of Fisherfolk in Saint-Louis, Senegal révèle que ces communautés ont été laissées pour compte alors que d’autres familles des mêmes zones ont été relogées via un projet financé par la Banque mondiale. Depuis leur arrivée à Khar Yalla en 2016, les quelque 1 000 habitants vivent dans un site inadapté à l’habitation permanente, sans électricité, sans système de traitement des déchets et avec un approvisionnement en eau contaminé pendant la saison des pluies.Les conditions de vie à Khar Yalla violent les droits économiques, sociaux et culturels des populations. Près d’un tiers des enfants ne sont pas scolarisés, beaucoup renoncent aux soins de santé, et les moyens de subsistance liés à la pêche sont fortement restreints. Les revenus des ménages sont souvent inférieurs au seuil de pauvreté international. Les tentatives locales de reconversion professionnelle se heurtent à l’absence de soutien des autorités.Le rapport souligne que les familles déplacées en 2015 et 2016 n’ont pas été incluses dans le projet de relocalisation permanente de 15 000 pêcheurs vers Djougop, contrairement à d’autres déplacés plus tard. Cette omission reflète une planification inadéquate des réinstallations liées au climat et des violations continues des droits humains.Human Rights Watch recommande au gouvernement sénégalais de relocaliser d’urgence les familles de Khar Yalla vers un site adapté, d’améliorer leurs conditions de vie dans l’immédiat, et d’élaborer une politique nationale de réinstallation planifiée garantissant les droits lors de futurs déplacements climatiques. L’organisation appelle également la Banque mondiale à réviser ses politiques pour inclure les personnes déplacées sur le long terme.« Il est urgent que le Sénégal et la Banque mondiale adaptent leurs politiques, car les réinstallations planifiées liées au changement climatique vont se multiplier », insiste Erica Bower, chercheuse sur les déplacements climatiques.
La Rédaction

