L’entrée des rebelles du M23 dans Bukavu, capitale du Sud-Kivu, a déclenché un mouvement de panique parmi la population. Des milliers de personnes ont fui vers le Burundi, cherchant refuge face à l’avancée des combattants soutenus par le Rwanda.
Une fuite massive vers le Burundi
Depuis vendredi soir, l’afflux de réfugiés congolais au Burundi ne cesse d’augmenter. Selon une source humanitaire basée de l’autre côté de la frontière, plus de 10 000 personnes ont déjà traversé, et leur nombre continue de croître. La plupart ont fui la région de Kamanyola en traversant la rivière Ruzizi pour rejoindre la province burundaise de Cibitoke, au nord-ouest du pays.
Le ministre burundais de l’Intérieur, Martin Niteretse, a confirmé cet exode, précisant que les autorités locales s’efforçaient d’évaluer précisément l’ampleur de la situation. “De nombreux réfugiés ont fui dans la panique après avoir appris que Bukavu était tombée aux mains du M23”, a-t-il expliqué. Certains, dans la précipitation, ont traversé la rivière à la nage pour échapper aux violences.
Une crise régionale qui s’aggrave
Cette nouvelle avancée du M23 survient moins de trois semaines après la prise de Goma, capitale du Nord-Kivu, lors d’une offensive éclair. La progression rapide des rebelles met sous pression l’armée congolaise (FARDC) et ses alliés, dont des troupes burundaises déployées dans l’est de la RDC.
Face à cette situation, le Burundi a brièvement fermé sa frontière avec la RDC jeudi après-midi, en raison de l’afflux massif de réfugiés à Gatumba, un point de passage stratégique au nord du lac Tanganyika.
Pendant ce temps, à Kinshasa, les Congolais originaires de l’Est, forcés à l’exil, peinent à obtenir des nouvelles de leurs proches restés dans les zones de combat. La situation reste incertaine alors que la région s’enfonce davantage dans la crise.
La Rédaction

