À quelques heures du lancement officiel de son nouveau parti, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye enregistre les premiers ralliements de personnalités issues de Pastef. Ces défections illustrent l’accélération de la recomposition politique provoquée par la rupture avec son ancien allié Ousmane Sonko, désormais président de l’Assemblée nationale.
Les premières défections fragilisent Pastef
Le mouvement des Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef) traverse une nouvelle zone de turbulence. Plusieurs responsables de premier plan ont annoncé leur départ de la formation politique fondée par Ousmane Sonko pour rejoindre le camp du chef de l’État.
Parmi les figures les plus en vue figure le docteur El Hadji Mansour Diop, directeur général de l’hôpital Aristide Le Dantec. Dans une lettre ouverte, il justifie sa décision par ce qu’il décrit comme une « gestion clanique » de l’entourage d’Ousmane Sonko, dénonçant un fonctionnement devenu incompatible avec ses convictions.
Le mouvement touche également la Jeunesse patriote sénégalaise. Des responsables nationaux, dont Bakary Bass Sakho et Ousmane Sonko Jr, jusque-là vice-coordonnateur national de cette structure, ont eux aussi quitté Pastef pour afficher leur soutien au président Bassirou Diomaye Faye.
Un soutien grandissant autour du chef de l’État
Au-delà des démissions formelles, plusieurs cadres du parti affichent désormais ouvertement leur proximité avec le président de la République.
C’est notamment le cas de Lansana Gagny Sakho, président du conseil d’administration de l’Agence pour la promotion des investissements et des grands travaux (Apix). Sans annoncer son départ de Pastef, il a publiquement manifesté son soutien au chef de l’État, signe que les lignes continuent d’évoluer au sein de l’ancienne majorité présidentielle.
Ces repositionnements interviennent dans un contexte où Bassirou Diomaye Faye cherche à structurer sa propre base politique après son divorce avec Ousmane Sonko.
La naissance d’un nouveau parti
Le tournant est attendu ce 25 juillet à Dakar, où le président sénégalais présidera l’assemblée générale constitutive de sa nouvelle formation politique au King Fahd Palace.
À cette occasion, Bassirou Diomaye Faye doit dévoiler le nom officiel du parti qui portera désormais son projet politique. Cette étape marque la formalisation d’une séparation devenue irréversible entre les deux hommes qui avaient conduit ensemble l’alternance politique de 2024.
La création de cette nouvelle formation doit permettre au chef de l’État de disposer d’un appareil politique autonome, distinct de celui dirigé par Ousmane Sonko.
Pastef tente de contenir la crise
Face à ces départs successifs, les responsables de Pastef s’efforcent de relativiser leur portée. Le parti affirme que ces démissions ne remettent pas en cause son implantation nationale et poursuit une vaste campagne d’adhésion destinée à renforcer ses structures.
L’objectif affiché est d’atteindre le seuil d’un million de membres, afin de démontrer que la formation conserve une solide capacité de mobilisation malgré les recompositions en cours.
Un nouvel équilibre politique en construction
La rupture entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko ouvre une nouvelle séquence politique au Sénégal. Après avoir incarné ensemble le changement, les deux dirigeants s’engagent désormais dans des trajectoires distinctes, chacune cherchant à fédérer ses propres soutiens.
Les premiers ralliements enregistrés au profit du chef de l’État pourraient annoncer d’autres mouvements dans les semaines à venir. L’émergence de son nouveau parti constituera un premier test de sa capacité à transformer son statut institutionnel en véritable force politique, tandis que Pastef devra démontrer qu’il peut conserver son influence malgré le départ de plusieurs de ses cadres.
La Rédaction

