Au cœur de l’Afrique, certaines îles sont bien plus que des terres entourées d’eau : elles sont de véritables sanctuaires pour la biodiversité aquatique. Sur ces îles, la pêche ne se limite pas à un simple métier, c’est un art encadré par des règles ancestrales, des rituels et des pratiques de conservation uniques. Derrière chaque filet lancé se cache une stratégie millénaire pour protéger les trésors aquatiques.
Des règles strictes et des licences obligatoires :
Sur des îles comme Mbenje au Malawi, les pêcheurs observent des interdictions strictes. Seuls les bateaux autorisés et munis d’une licence peuvent accéder aux eaux, et le matériel de pêche doit respecter des normes précises pour limiter la surpêche. Les infractions — consommation d’alcool, vols, bagarres — sont sévèrement sanctionnées, et la communauté veille au respect de ces règles avec une discipline remarquable.
Collins Kamuzu, pêcheur de l’île, confie : « Ces règles peuvent sembler strictes, mais elles sont vitales pour que nos poissons puissent se reproduire et que l’île reste un sanctuaire pour les générations futures. »
Conservation et dimension spirituelle :
Dans de nombreuses îles africaines, la protection des poissons s’accompagne d’une forte dimension culturelle. À Mbenje, par exemple, les esprits de l’île sont considérés comme des gardiens des eaux. Makanjira, chef principal, raconte : « Si quelqu’un tue un serpent, un oiseau ou une grenouille, des vents violents peuvent souffler pendant des semaines et interdire toute pêche. Respecter ces traditions est essentiel pour maintenir l’équilibre de l’écosystème. »
Ces pratiques illustrent comment savoir ancestral et science moderne peuvent se compléter pour préserver la biodiversité.
Un modèle inspirant pour toute l’Afrique :
Au Sénégal, en Tanzanie ou au Mozambique, certaines communautés commencent à appliquer des règles similaires : périodes de fermeture de la pêche, licences strictes et surveillance communautaire. L’expérience de Mbenje montre que combiner régulation, traditions locales et respect des écosystèmes peut créer un équilibre durable entre exploitation économique et protection de l’environnement.
Les trésors aquatiques africains ne sont pas seulement des ressources alimentaires ou économiques : ce sont des héritages naturels que des générations de pêcheurs ont appris à protéger. Sur des îles comme Mbenje, chaque filet de pêche raconte l’histoire d’un équilibre fragile, où traditions, règles strictes et respect de la nature coexistent pour assurer la survie des poissons et des communautés.
La Rédaction
Sources et références :
•Département des Pêches du Malawi, rapport 2025
•Témoignages de pêcheurs et chefs locaux de l’île de Mbenje
•FAO, études sur la surpêche en Afrique, 2024

