Dans l’Oti 2, la pression sur les terres et les ressources naturelles ne relève plus seulement d’un problème agricole ou foncier. Elle touche directement à la cohésion sociale. Face aux tensions récurrentes, plusieurs acteurs communautaires sont désormais appelés à jouer un rôle plus actif de médiation avant que les désaccords ne se transforment en conflits durables.
Le problème est particulièrement sensible dans une région où l’accès à la terre, à l’eau ou aux espaces de production peut devenir source de rivalités. Les effets du changement climatique ajoutent une pression supplémentaire en fragilisant les équilibres locaux et en accentuant la concurrence autour de certaines ressources.
C’est dans ce contexte que des responsables communautaires, membres de Comités villageois de développement, associations de jeunes et de femmes ainsi que des organisations de la société civile ont été accompagnés à Kpandini, dans le canton de Galangashie.
Prévenir avant que les tensions ne s’installent
L’objectif est de faire émerger des relais capables d’intervenir en amont. Identification des causes de conflits, médiation, posture du conciliateur, prévention des escalades : les participants ont travaillé sur des outils destinés à désamorcer les tensions au niveau local.
Le 2e adjoint au maire de l’Oti 2, Laré Laptieb, a rappelé que les conflits fonciers peuvent fragiliser le vivre-ensemble et durablement diviser les communautés.
L’enjeu est donc de ne pas attendre qu’un désaccord devienne ouvertement conflictuel pour agir.
Climat, terre et cohésion sociale
La démarche s’inscrit dans le projet « Paix et résilience climatique à travers la gestion durable des terres dans la région des Savanes », porté par l’AJEDES et JACDD avec l’appui de WANEP et de la Fondation Robert Bosch.
Elle repose sur une idée simple : la gestion durable des ressources naturelles peut aussi devenir un outil de prévention des conflits.
Le projet concerne les communes Kpendjal Ouest 2 et Oti 2 sur une période de dix-huit mois. Une opération de reboisement menée à Kpandini a d’ailleurs prolongé les travaux, illustrant le lien établi entre restauration de l’environnement et stabilité sociale.
Dans les Savanes, la paix locale se joue donc aussi sur des questions très concrètes : qui utilise la terre, qui accède aux ressources et comment les différends sont réglés. Plus les pressions climatiques s’intensifient, plus la capacité des communautés à négocier ces usages devient une composante de leur résilience.
La Rédaction

