Entre 2021 et 2025, les décès humains attribués à la rage sont passés de 5 à 34 au Togo. Face à une maladie presque toujours mortelle après l’apparition des symptômes, la disponibilité immédiate du vaccin et du sérum après une exposition devient déterminante. Ce vendredi 21 août, les acteurs sanitaires réunis à Kpalimé doivent arrêter un plan régional destiné à mieux organiser cet accès dans les Plateaux.
La progression ne concerne pas seulement les victimes humaines. Sur la même période, les cas suspects de rage canine sont passés de 39 à 382. Ces chiffres replacent la prévention au centre de la réponse : lorsqu’une personne est mordue ou exposée à un animal potentiellement infecté, le temps nécessaire pour accéder à une prophylaxie post-exposition (PPE) peut devenir décisif.
En 2025, 674 personnes exposées ont ainsi reçu cette prise en charge. Son coût global a approché 24 millions de FCFA, supportés par le système de santé et les ménages.
Le traitement existe, encore faut-il qu’il soit disponible
Dans les Plateaux, la difficulté porte notamment sur la chaîne qui conduit les produits antirabiques jusqu’au patient. Approvisionnement, stockage, répartition entre districts, disponibilité en pharmacie : une rupture à l’un de ces niveaux peut compliquer une prise en charge qui doit pourtant intervenir rapidement.
Depuis le 17 août, responsables sanitaires, vétérinaires, pharmaciens et partenaires travaillent à Kpalimé, avec l’appui technique de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), pour identifier ces points de fragilité.
Les travaux doivent aboutir ce vendredi à une cartographie de la disponibilité des vaccins et sérums ainsi qu’à un calendrier d’actions pour améliorer leur distribution dans la région.
Le chien au cœur de la prévention
La réponse ne peut toutefois pas s’arrêter aux structures sanitaires. La hausse des suspicions de rage canine rappelle que la lutte se joue également en amont, par la surveillance et la vaccination des animaux.
C’est le principe de l’approche « Une Seule Santé », qui associe santé humaine et santé animale dans une même stratégie. Comme le rappelle l’OMS, une fois les symptômes déclarés, la rage est mortelle dans la quasi-totalité des cas. Elle reste pourtant évitable grâce à la vaccination animale et à une prophylaxie rapidement administrée après l’exposition.
Le plan attendu à l’issue des travaux de Kpalimé devra donc répondre à une question très concrète : faire en sorte qu’après une exposition à risque, le lieu de résidence ou les difficultés d’approvisionnement ne retardent pas l’accès à un traitement capable d’éviter un décès.
La Rédaction

