Longtemps silencieuses, les hépatites B et C peuvent progresser sans symptômes pendant des années avant d’atteindre gravement le foie. Au Togo, où l’hépatite B demeure fortement présente, le défi ne se limite donc pas à prévenir les contaminations : il consiste aussi à dépister plus tôt ceux qui ignorent encore leur infection.
Les hépatites virales ont ceci de particulier qu’elles peuvent avancer sans bruit. Une personne infectée peut se sentir en bonne santé pendant longtemps alors que le virus altère progressivement le foie. Lorsque les premiers signes sérieux apparaissent, la maladie peut déjà être entrée dans une phase chronique ou avoir provoqué des lésions importantes.
Cette discrétion explique en partie pourquoi l’hépatite demeure un problème majeur de santé publique en Afrique. Au Togo, les estimations de l’Organisation mondiale de la santé situent la prévalence de l’hépatite B chronique autour de 9,4 % de la population, tandis que celle de l’hépatite C est estimée à environ 0,7 %.
Le principal danger : ne pas savoir que l’on est infecté
Les premiers symptômes, lorsqu’ils apparaissent, sont souvent peu spécifiques : fatigue, nausées, douleurs abdominales ou perte d’appétit. Dans certains cas peuvent ensuite survenir des urines foncées ou un ictère, caractérisé par le jaunissement de la peau et des yeux.
Mais attendre ces signes pour consulter constitue précisément l’un des pièges de la maladie. Une infection chronique par les virus B ou C peut évoluer vers une cirrhose ou un cancer du foie, parfois après plusieurs années sans manifestations évidentes. L’OMS estime que ces deux infections restent responsables de l’immense majorité des décès liés aux hépatites virales dans le monde.
Le dépistage devient donc un outil aussi important que la sensibilisation. Il permet d’identifier plus tôt les personnes infectées, de surveiller l’état du foie et, lorsque cela est indiqué, d’engager une prise en charge avant l’apparition de complications.
Prévenir l’hépatite B, guérir l’hépatite C
Les stratégies diffèrent toutefois entre les deux principales formes d’hépatite chronique.
Pour l’hépatite B, la vaccination constitue le principal moyen de prévention. Le virus peut notamment être transmis de la mère à l’enfant au moment de la naissance, au cours de rapports sexuels ou par exposition à du sang contaminé. La vaccination des nourrissons et la prévention de la transmission materno-infantile occupent ainsi une place centrale dans les politiques de lutte.
L’hépatite C ne dispose, elle, d’aucun vaccin. Sa transmission est essentiellement sanguine, notamment lors d’injections ou de soins réalisés dans de mauvaises conditions de sécurité, de transfusions non contrôlées ou du partage de matériel contaminé. En revanche, les traitements antiviraux disponibles aujourd’hui permettent de guérir plus de 95 % des personnes infectées lorsqu’elles sont diagnostiquées et prises en charge.
Cette différence change profondément le message de santé publique. Pour l’hépatite B, le défi consiste notamment à vacciner et à empêcher de nouvelles infections. Pour l’hépatite C, il faut surtout repérer les personnes porteuses du virus afin de pouvoir les traiter.
Faire du dépistage un réflexe
Au Togo, la lutte contre les hépatites ne peut donc pas reposer uniquement sur l’apparition de symptômes ou sur des campagnes ponctuelles de sensibilisation. Elle suppose aussi de rapprocher le dépistage des populations, de mieux informer sur les véritables modes de transmission et de renforcer la prévention auprès des femmes enceintes et des enfants.
Le paradoxe des hépatites virales est désormais bien identifié : les outils existent, qu’il s’agisse du vaccin contre l’hépatite B ou des traitements curatifs contre l’hépatite C. Le principal risque reste que l’infection soit découverte trop tard. Dans cette bataille, savoir que l’on est porteur du virus peut être le premier acte de prévention contre les complications les plus graves.
La Rédaction
Source : (Organisation mondiale de la santé)

